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Mon cher Jean-Marc,

Tu ne m’en vou­dras pas de te tutoyer comme je tutoie ton pro­chain suc­ces­seur, Manuel Valls. J’appar­tiens en effet à la gau­che même si la mienne est dif­fé­rente de la tienne.

Je me per­mets de t’écrire car c’est avec une grande inquié­tude que j’ai pris con­nais­sance de la déci­sion que tu as prise con­cer­nant l’aug­men­ta­tion du mon­tant du RSA.

D’abord parce que cette aug­men­ta­tion est énorme (10 %), d’autant qu’elle s’ajoute à la reva­lo­ri­sa­tion due à l’infla­tion. Elle ris­que donc de pro­duire un effet désas­treux. Ensuite parce que l’aug­men­ta­tion est extrê­me­ment bru­tale puis­que qu’elle inter­vien­dra en 5 ans. As-tu pensé que le RSA attein­dra 522,5 euros en 2017 ?

Est-il rai­son­na­ble de don­ner bru­ta­le­ment tant d’argent à des per­son­nes qui en man­quent ? Car dès l’année pro­chaine, les béné­fi­ciai­res du RSA tou­che­ront 9,50 euros de plus par mois, le moyen, je ne sais pas si tu y as pensé, de s’ache­ter un pain au cho­co­lat tous les 3 jours !

Le ris­que est grand qu’ils ne sachent pas uti­li­ser cette manne tom­bée du ciel.

Il est pos­si­ble qu’ils som­brent dans la bois­son, dans la dro­gue ou dans des achats de pro­duits de luxe…

Mais ils ne trou­ve­ront peut-être pas com­ment uti­li­ser les som­mes impor­tan­tes qu’ils rece­vront. Ils pla­ce­ront alors cet argent en ban­que et accu­mu­le­ront ainsi une inso­lente richesse. Tu ne peux pas, Jean-Marc, con­tri­buer à créer de pareilles iné­ga­li­tés.

Je ne doute pas de te bonne volonté, tu as bien entendu voulu bien faire mais tu t’es laissé entraî­ner. Tu ne devrais pas écou­ter les dan­ge­reux anar­chis­tes comme Jean-Luc Mélen­chon.

J’espère que tu pour­ras faire machine arrière. Toute la gau­che attend de toi une atti­tude res­pon­sa­ble et social-démo­crate.

Je te prie de croire, mon cher Jean-Marc, en mes sen­ti­ments inquiets et res­pec­tueux.