La con­fé­rence de Presse

Michel Nouaille a d’abord rap­pelé le con­texte par­ti­cu­lier dans lequel se déroule la cam­pa­gne pour les élec­tions légis­la­ti­ves qui se dérou­le­ront dans 4 semai­nes.

Le deuxième tour des pré­si­den­tiel­les a vu s’oppo­ser Marine Le Pen à Emma­nuel Macron. Si la vic­toire du second signi­fie un déve­lop­pe­ment de la pré­si­den­tia­li­sa­tion et du libé­ra­lisme avec plus de pré­ca­rité, il ne faut pas oublier que le Front Natio­nal a pour­suivi sa pro­gres­sion grâce à un dis­cours mys­ti­fi­ca­teur.

Là où la cam­pa­gne de Jean-Luc Mélen­chon a été menée avec vigueur, Le Pen a été con­te­nue. Dans les quar­tiers popu­lai­res, le score de l’extrême droite est fai­ble. Le mou­ve­ment de la France Insou­mise a été capa­ble de por­ter la reven­di­ca­tion de dignité des plus pau­vres et l’exi­gence du par­tage des riches­ses. Jean-Luc Mélen­chon a éga­le­ment ini­tié un che­min vers une sixième Répu­bli­que et com­pris la néces­sité de la muta­tion éco­lo­gi­que.

Michel Nouaille et Mina Fayed con­si­dè­rent que leur vic­toire est pos­si­ble. Le député sor­tant Manuel Valls a en effet été un des acteurs essen­tiels des déri­ves des der­niè­res années. Il porte la res­pon­sa­bi­lité de l’échec du gou­ver­ne­ment sur le chô­mage, de la mon­tée du Front Natio­nal et du dis­cré­dit des poli­ti­ques.

Michel Nouaille et Mina Fayed sont les can­di­dats d’un ras­sem­ble­ment qui com­porte déjà plu­sieurs com­po­san­tes : le Parti Com­mu­niste, le Front de Gau­che d’Evry-Cour­cou­ron­nes, les grou­pes d’appui de la France Insou­mise qui ont pro­posé leurs can­di­da­ture et les mili­tants d’Europe Eco­lo­gie Les Verts qui ont décidé de les rejoin­dre. Alors qu’Emma­nuel Macron s’apprête à mener une poli­ti­que de casse sociale, les élec­teurs de la cir­cons­crip­tion ont besoin d’élus de gau­che qui se retrou­vent dans la pers­pec­tive de l’éco­lo­gie poli­ti­que et qui soient capa­bles de pren­dre en charge les urgen­ces socia­les et envi­ron­ne­men­ta­les.

Jac­ques Picard, par­lant au nom d’Europe Eco­lo­gie Les Verts a expli­qué qu’il avait encore l’inten­tion d’être can­di­dat la semaine der­nière. Il a par­ti­cipé à l’alliance avec Benoît Hamon parce que son pro­jet pre­nait en compte les fon­da­men­taux de l’éco­lo­gie poli­ti­que. Pour ces légis­la­ti­ves, il con­si­dère que Manuel Valls s’est décon­si­déré en par­ti­cu­lier avec la loi El Kho­mery.

Jac­ques Picard ne com­prend pas la logi­que de la France Insou­mise qui ferme un espace poli­ti­que au lieu de l’ouvrir. Dans la situa­tion par­ti­cu­lière de cette cir­cons­crip­tion, EELV apporte son sou­tien à Michel Nouaille et Mina Fayed. Jac­ques Picard rap­pelle le dia­lo­gue appro­fondi qu’il a depuis 10 ans avec Michel Nouaille.

Lors de dif­fé­rents échan­ges les can­di­dats ont pré­cisé leur atti­tude vis à vis des deux can­di­dats qui ont l’inves­ti­ture de la France Insou­mise. Ils ont cons­tam­ment cher­ché à les ren­con­trer et à dia­lo­guer avec eux. Ils se sont cons­tam­ment vu oppo­ser une fin de non rece­voir. Ils insis­tent sur le fait que leur can­di­da­ture pro­vient d’une déci­sion col­lec­tive.

J’ai demandé aux deux can­di­dats sur quel pro­gramme ils seraient can­di­dats et plus pré­ci­sé­ment s’ils se pré­sen­taient avec le pro­gramme de la France Insou­mise.

Dans leur réponse, ils ont indi­qué qu’il exis­tait des nuan­ces entre le P.C.F. et la France Insou­mise en par­ti­cu­lier dans les domai­nes de l’Europe (dif­fi­cile d’envi­sa­ger d’en sor­tir) du nucléaire et des ins­ti­tu­tions. Par con­tre, ils approu­vent tout à fait ce pro­gramme quand il s’agit de la répar­ti­tion des riches­ses, des ser­vi­ces publics ou de la révo­lu­tion éco­lo­gi­que.

Les can­di­dats ont éga­le­ment indi­qué que le débat avait naguère porté sur un socle com­mun à l’ensem­ble de la Gau­che qui peut être repris. Les diver­gen­ces peu­vent être trai­tées par un dia­lo­gue avec les citoyens.

Ma posi­tion

La situa­tion dans notre cir­cons­crip­tion n’est pas sim­ple, il faut s’en tenir à l’essen­tiel.

1. Manuel Valls, député sor­tant, se repré­sen­tera sans avoir l’inves­ti­ture de La Répu­bli­que en Mar­che mais sans qu’un can­di­dat lui soit opposé par ce mou­ve­ment. Il veut clai­re­ment sou­te­nir la majo­rité gou­ver­ne­men­tale qu’espère Emma­nuel Macron.

Je n’ai jamais été sec­taire et je n’appar­tiens à aucun parti, je n’hési­te­rai pas à sou­te­nir les ini­tia­ti­ves d’Emma­nuel Macron qui me paraî­tront bon­nes, j’ai déjà dit le bien que je pen­sais de cer­tai­nes de ses pro­po­si­tions mais son pro­jet s’appuie glo­ba­le­ment sur un déve­lop­pe­ment du capi­ta­lisme qui sup­pose plus d’iné­ga­li­tés et d’accu­mu­la­tion du capi­tal, plus de pou­voir à la finance, je pense que c’est une erreur.

Manuel Valls, que je res­pecte comme homme d’Etat, a com­mis à mon sens de gra­ves erreurs en ne res­pec­tant pas l’enga­ge­ment qu’il avait pris de sou­te­nir le can­di­dat issu de la pri­maire de la Gau­che et en appor­tant son sou­tien à Emma­nuel Macron au mépris des posi­tions de son Parti. Il s’est par ailleurs depuis long­temps éloi­gné de l’idéal socia­liste qui reste au coeur de mon enga­ge­ment. Je sou­haite donc qu’il échoue aux légis­la­ti­ves.

2. Deux autres can­di­dats se pré­sen­te­ront sem­ble-t-il pour sou­te­nir la majo­rité pré­si­den­tielle sans en avoir l’inves­ti­ture. Ce sont des can­di­da­tu­res qui ne pré­sen­tent aucun inté­rêt pour ceux qui sont atta­chés à la jus­tice sociale et au lien entre les élus et les citoyens.

3. La can­di­da­ture trots­kiste doit bien entendu être com­bat­tue car elle détour­nera quel­ques élec­teurs du com­bat pour por­ter un can­di­dat de gau­che à l’Assem­blée Natio­nale.

4. La can­di­da­ture de Farida Amrani et Ulysse Rabaté appa­raît comme une can­di­da­ture de divi­sion et je ne la sou­tien­drai pas.

D’une part, elle a le sou­tien de la France Insou­mise dont l’action, je me suis déjà exprimé à ce sujet, s’appuie sur un mau­vais pro­gramme et une mau­vaise stra­té­gie. Elle s’ins­crit en fait dans la volonté de réduire l’influence du PCF voire de le faire dis­pa­raî­tre alors même que la plu­part des mili­tants locaux de la France Insou­mise ne la sou­tienne pas.

D’autre part, elle est en elle-même insou­te­na­ble. Les can­di­dats sont peu implan­tés sur la cir­cons­crip­tion, ils ont refusé tout dia­lo­gue avec Michel Nouaille et ils sont appa­rem­ment sou­te­nus par un ancien élu com­mu­niste qui cher­che à régler ses comp­tes per­son­nels et non à défen­dre des idées de gau­che. Il est navrant que Jean-Luc Mélen­chon uti­lise les médio­cri­tés de quel­ques uns pour ser­vir sa volonté d’hégé­mo­nie sec­taire sur l’oppo­si­tion de gau­che.

5. Compte tenu de la déci­sion prise par le Parti Com­mu­niste, il était nor­mal que Michel Nouaille sou­tienne la can­di­da­ture de Jean-Luc Mélen­chon pour la pré­si­den­tielle bien qu’il en ait mesuré, comme beau­coup de com­mu­nis­tes, les limi­tes.

Il est aujourd’hui le can­di­dat du Parti Com­mu­niste mais comme l’a mon­tré la con­fé­rence de Presse d’hier, il a ini­tié avec suc­cès un ras­sem­ble­ment sans le sec­ta­risme de la France Insou­mise. J’ai pris con­nais­sance avec satis­fac­tion de la déci­sion cou­ra­geuse de mon ami Jac­ques Picard qui vient de le rejoin­dre.

Le pro­gramme dont Michel Nouaille est por­teur n’est plus stricto-sensu, celui de la France Insou­mise et il a affirmé hier avec sa sup­pléante une volonté de dia­lo­gue avec les citoyens qui m’ins­pire con­fiance.

Les con­di­tions poli­ti­ques d’un sou­tien à Michel Nouaille et Mina Fayed sont donc réu­nies.

Mais l’élec­tion d’un député, c’est aussi le choix d’un homme ou d’une femme. Dans le cas de Michel avec qui j’ai milité depuis de nom­breu­ses années, la con­fiance est totale. Je sais qu’il res­tera fidèle à nos valeurs et qu’il agira tou­jours dans l’inté­rêt géné­ral.


J’apporte donc mon plein sou­tien à Michel Nouaille et Mina Fayed pour ces légis­la­ti­ves.