C’est donc avec tris­tesse que j’ai pris con­nais­sance de le déci­sion du CPDSI (Cen­tre de pré­ven­tion con­tre les déri­ves sec­tai­res liées à l’islam) qu’elle dirige de refu­ser le renou­vel­le­ment tacite du man­dat qui le liait au Minis­tère de l’inté­rieur. Le com­mu­ni­qué du CPDSI pré­cise que la déchéance de natio­na­lité « crée un con­texte poli­ti­que défa­vo­ra­ble à l’entre­prise péda­go­gi­que et scien­ti­fi­que pour pré­ve­nir la radi­ca­li­sa­tion ».

La fin de cette mis­sion qui a per­mis d’aider des cen­tai­nes de parents et de jeu­nes, est donc, au moins pour par­tie, une con­sé­quence du lamen­ta­ble débat qui a occupé élus et médias pen­dant plu­sieurs semai­nes et ce n’est pas fini !

Les effets pra­ti­ques de la fameuse déchéance étaient déjà à peu près nuls puis­que le vote de la loi n’aurait eu de con­sé­quen­ces que dans plu­sieurs années et sur un nom­bre très réduit de con­dam­nés mais comme elle ne sera très pro­ba­ble­ment pas votée, tout ce débat n’aura servi à rien.

Je ne suis pas insen­si­ble à l’aspect sym­bo­li­que de la pro­po­si­tion mais il y avait d’autres maniè­res de signi­fier qu’un ter­ro­riste se met en dehors de la com­mu­nauté natio­nale et sur­tout la loi ne peut évi­ter la dis­cri­mi­na­tion de fait, sinon de droit, entre ceux qui sont fran­çais depuis leur nais­sance et ceux qui ont acquis la natio­na­lité fran­çaise d’une manière ou d’une autre.

L’achar­ne­ment mis par le gou­ver­ne­ment et le Pré­si­dent de la Répu­bli­que à défen­dre la déchéance de natio­na­lité ne s’expli­que que par une volonté de don­ner des gages à la droite qui a pour­tant depuis long­temps mis fin à la forme d’union natio­nale qui avait d’abord pré­valu.

Je ne suis pas, on le sait, opposé par prin­cipe à tout de que fait le gou­ver­ne­ment, j’approuve d’ailleurs la pro­lon­ga­tion de l’état d’urgence, mais je regrette vive­ment la loi sur la déchéance de natio­na­lité dont la déci­sion de Dou­nia Bou­zar n’est sans doute pas la plus grave con­sé­quence même si elle est très regret­ta­ble.

Il est vrai qu’un tra­vail de recher­che et d’assis­tance comme celui qu’à mené le CPDSI pou­vait dif­fi­ci­le­ment trou­ver sa place dans un pays où le Pre­mier Minis­tre con­si­dère que com­pren­dre, c’est com­men­cer à excu­ser et où la poli­ti­que cul­tu­relle tant à se réduire à la flat­te­rie des artis­tes.

On se ren­dra compte, sans doute très tard et peu-être trop tard, que la lutte con­tre Daesh, con­tre la radi­ca­li­sa­tion et con­tre les popu­lis­mes à che­ve­lu­res blon­des est aussi et sans doute d’abord un pro­blème cul­tu­rel.