ETRE UTILE


Nous nous som­mes sépa­rés après la déci­sion du Parti Com­mu­niste de sou­te­nir la can­di­da­ture de Bruno Piriou aux muni­ci­pa­les. Je pen­sais, comme beau­coup, que nous nous retrou­ve­rions après les élec­tions muni­ci­pa­les pour pour­sui­vre notre action. Mal­gré les deman­des de cer­tains d’entre nous, le Parti de Gau­che et le Parti Com­mu­niste ont décidé, après avoir méprisé les mili­tants non-encar­tés pen­dant la phase pré­cé­dente, de se pas­ser d’eux dans la cam­pa­gne des élec­tions euro­péen­nes et depuis.

C’est une faute poli­ti­que qui ne peut res­ter sans con­sé­quen­ces d’autant qu’aucune auto­cri­ti­que n’est entre­prise par le Parti Com­mu­niste qui sem­ble tou­jours pen­ser qu’il suf­fit de lais­ser pas­ser le temps et d’atten­dre le plus long­temps pos­si­ble sans rien déci­der pour être effi­cace. Je con­damne cette atti­tude dont on a pu mesu­rer les effets catas­tro­phi­ques lors des der­niè­res élec­tions muni­ci­pa­les.

Pen­dant la même période, la situa­tion poli­ti­que natio­nale a évo­lué. La cré­di­bi­lité du Front de Gau­che est en baisse en rai­son des désac­cords entre le Parti Com­mu­niste et le Parti de Gau­che. Le Parti de Gau­che sem­ble s’enfon­cer dans un dis­cours radi­cal et vio­lent qui ne peut ras­sem­bler. Il par­tage avec le Parti Com­mu­niste l’inca­pa­cité de cons­truire une uto­pie et un pro­jet à moyen terme capa­ble de ras­sem­bler. Alors que le gou­ver­ne­ment pour­suit avec achar­ne­ment sa poli­ti­que médio­cre, c’est le Front Natio­nal qui ras­sem­ble les mécon­tents et non le Front de Gau­che.

Je suis atta­ché à l’action col­lec­tive et à l’exis­tence des par­tis poli­ti­ques mais je ne pense pas que le désir d’action col­lec­tive impli­que d’accep­ter une sorte de mili­tan­tisme con­traint par défaut. On sait d’ailleurs où a mené jadis et naguère la dis­ci­pline de parti au Parti Com­mu­niste et au Parti Socia­liste : des deux côtés à des erreurs his­to­ri­ques dont les fran­çais ont payé et payent actuel­le­ment les frais.

Au plan local, dès lors que le Prin­temps de Cor­beil-Esson­nes, animé par des com­mu­nis­tes, a repris son action et que le Front de Gau­che ne se réu­nit que long­temps après, nous entrons dans une nou­velle période qui sera mar­quée par la même stra­té­gie locale du Parti Com­mu­niste, celle des « deux fers au feu ». Cette stra­té­gie cons­truit l’échec de la gau­che et ne con­cède aux mili­tants non encar­tés qu’un rôle subal­terne de com­pa­gnons de route appe­lés quand les par­tis le sou­hai­tent à cons­ti­tuer un com­plé­ment de force mili­tante. Je con­damne cette stra­té­gie.

J’aime à rap­pe­ler ce que j’ai dit à mes cama­ra­des quand j’ai adhéré au Parti Socia­liste dans les années  70 : « j’adhère à un petit parti médio­cre ­mais c’est là que nous pou­vons être utile ».

Ma préoc­cu­pa­tion cons­tante depuis 45 ans n’est pas de me faire plai­sir ou d’attein­dre une hypo­thé­ti­que pureté idéo­lo­gi­que mais de mili­ter là ou je crois pou­voir être utile.

Glo­ba­le­ment, l’action que nous avons menée ensem­ble a aidé l’une des droi­tes les plus médio­cres de France à con­ser­ver la ville de Cor­beil-Esson­nes. Dès lors qu’il s’agit de repar­tir avec les mêmes acteurs, sur les même bases et avec, en plus, un Front de Gau­che natio­nal qui bat de l’aile, je pré­fère m’abs­te­nir.

J’entends néan­moins con­ti­nuer à agir pour mes idées qui sont à peu près les mêmes depuis 45 ans.

Comme on m’accuse déjà, injure à l’appui, de faire tort à mes con­ci­toyens, je veux dire ce que je ferai.

1. Je pour­sui­vrai mon tra­vail au sein de l’asso­cia­tion l’Oli­vier, comité local de France-Pales­tine Soli­da­rité pour ten­ter d’amé­lio­rer le sort des pales­ti­niens. C’est un ter­rain mili­tant que les par­tis ne fré­quen­tent guère mais que je con­si­dère comme essen­tiel.

Si la lutte armée con­tre les égor­geurs isla­mis­tes est évi­dem­ment néces­saire, la réso­lu­tion du con­flit israélo-pales­ti­nien ren­drait évi­dem­ment jus­tice aux pales­ti­niens mais elle tari­rait du même coup une des cau­ses prin­ci­pa­les de recru­te­ment des ter­ro­ris­tes.

2. Je con­ti­nue­rai d’uti­li­ser mon blog pour défen­dre mes idées et je tou­che ainsi plus de mille per­son­nes, plus que cer­tai­nes de nos actions col­lec­ti­ves.

3. Dans la mesure du pos­si­ble, je con­ti­nue­rai à aider les élus de l’oppo­si­tion muni­ci­pale qui le sou­hai­tent. Je cons­truis d’ailleurs actuel­le­ment un outil infor­ma­ti­que de tra­vail col­la­bo­ra­tif dans ce but.

4. Je par­ti­ci­pe­rai aux actions publi­ques qui me paraî­tront uti­les à la lutte con­tre la droite d’où qu’elles vien­nent. Je suis en par­ti­cu­lier prêt à m’inves­tir dans la lutte con­tre les délé­ga­tions de Ser­vice Public pro­po­sées par la Muni­ci­pa­lité.

5. Je pour­sui­vrai le com­bat judi­ciaire con­tre Serge Das­sault et son sys­tème. Il n’y avait guère, hélas, il y a quel­ques semai­nes, que Bruno Piriou pour être dans la pro­cé­dure et accom­pa­gner la jus­tice dans sa lutte effi­cace con­tre la cor­rup­tion et le clien­té­lisme. Je n’ai obtenu, ni auprès de Parti Com­mu­niste, ni auprès du Parti Socia­liste que j’ai sol­li­ci­tés, l’aide juri­di­que dont j’avais besoin après mon dépôt de plainte.

Je m’adres­se­rai pro­chai­ne­ment, avec quel­ques cama­ra­des de bonne volonté, à tous nos con­ci­toyens pour dire ce que nous allons faire, ici aussi, pour être utile.

Quand les orga­ni­sa­tions poli­ti­ques mar­quent le pas, c’est aux citoyens d’agir.

6. Je vais m’enga­ger acti­ve­ment dans la lutte pour l’huma­ni­sa­tion de nos pri­sons et la trans­for­ma­tion du sys­tème péni­ten­tiaire. C’est un aspect cru­cial de la lutte con­tre la réci­dive et donc pour la sécu­rité et c’est d’autant plus impor­tant que la minis­tre de la Jus­tice est une des plus inef­fi­ca­ces que nous ayons eu, en retrait sur cer­tains plans par rap­port à la poli­ti­que de Michèle Alliot-Marie.

Vous le voyez, on peut être utile ailleurs qu’ici.

Je vous sou­haite une bonne soi­rée.