Les rap­ports de for­ces natio­naux

Les rap­ports de for­ces sur l’ensem­ble du pays mon­trent que les fran­çais ont sou­haité don­ner une majo­rité au Pré­si­dent de la Répu­bli­que. Je m’en réjouis.

Le score de EELV n’est pas très brillant, ils ne pour­ront pro­ba­ble­ment pas cons­ti­tuer un groupe par­le­men­taire. Je m’en réjouis même si la dyna­mi­que d’échec impul­sée par Eva Joly n’a pas donné tous les résul­tats qu’on pou­vait en atten­dre.

EELV croyait avoir réussi par sa négo­cia­tion avec le PS à s’assu­rer l’exis­tence d’un groupe à l’Assem­blée. Il est sain que les élec­teurs n’aient pas con­firmé dans les urnes cette déci­sion prise sans eux. J’ajoute que l’atti­tude irres­pon­sa­ble de Cécile Duflot ces jours der­niers n’a pas faci­lité le vote vert.

Le score du Front Natio­nal est plus fai­ble qu’à la Pré­si­den­tielle mais on aurait tort de s’en tenir aux chif­fres. La pré­si­den­tielle et les actuel­les légis­la­ti­ves mar­quent à mon sens une nou­velle étape de la “bana­li­sa­tion” ou de la “dédia­bo­li­sa­tion” du Front Natio­nal. La meilleure manière de lut­ter con­tre le FN, serait à mon sens de dimi­nuer les iné­ga­li­tés, de dimi­nuer le chô­mage, d’aug­men­ter les bas salai­res et de dimi­nuer les plus gros, de répon­dre au besoin de sécu­rité qu’expri­ment les plus modes­tes. Ce n’est mal­heu­reu­se­ment pas ce que fera Fran­çois Hol­lande, ni d’ailleurs ce à quoi a con­tri­bué Jean-Luc Mélen­chon à Hénin-Beau­mont.

Comme il fal­lait s’y atten­dre, le score du Front de Gau­che est infé­rieur à celui de la Pré­si­den­tielle. Il ne béné­fi­ciait pas, dans cha­que cir­cons­crip­tion, de l’avan­tage que le talent et la per­son­na­lité de Jean-Luc Mélen­chon lui don­nait lors de la Pré­si­den­tielle. Je sou­haite que les résul­tats moyens des légis­la­ti­ves ne fas­sent pas oublier la belle cam­pa­gne que nous avons menée pour la Pré­si­den­tielle. En tous cas, nous devrons repren­dre notre tra­vail d’éla­bo­ra­tion de notre pro­jet et de con­vic­tion. C’est sur le fond et sur le long terme que nous ferons triom­pher nos idées.

Il fau­dra atten­dre le second tour pour savoir si le PS dis­po­sera à lui seul de la majo­rité abso­lue à l’Assem­blée. Comme je l’ai déjà indi­qué ici, je ne le sou­haite pas.

Ségo­lène Royal face à Oli­ver Falorni


Je ne par­tage pas les idées de Ségo­lène Royal mais je con­damne fer­me­ment l’atti­tude du socia­liste dis­si­dent Oli­vier Falorni qui se main­tient con­tre elle. Il va peut-être se faire élire grâce aux voix de la droite. C’est inac­cep­ta­ble.

Marie-Arlette Car­lotti dans les Bou­ches-du-Rhône


Je con­nais Marie-Arlette depuis 30 ans et si je regrette qu’elle soit res­tée au PS, je suis con­tent de la voir en bonne posi­tion dans sa cir­cons­crip­tion, devan­çant de 2% Renaud Muse­lier. J’espère qu’elle par­vien­dra à gagner diman­che pro­chain. Il s’agit d’une per­sonne hon­nête et donc rare dans le PS des Bou­ches-du-Rhône.

La situa­tion à Hénin-Beau­mont


Comme cer­tains l’ont peut-être remar­qué, je ne me suis jamais exprimé sur ce blog sur la can­di­da­ture de Jean-Luc Mélen­chon. Je sou­hai­tais en effet de tout coeur son suc­cès tout en pen­sant que mon parti avait eu tort de se lan­cer dans l’aven­ture d’Hénin-Beau­mont.

Il faut dans ce genre d’affaire, peser les ris­ques que fait cou­rir la défaite et les béné­fi­ces qu’on peut atten­dre d’une vic­toire.

Les béné­fi­ces à atten­dre en cas de vic­toire, et la vic­toire était d’emblée dif­fi­cile à obte­nir, me parais­saient rela­ti­ve­ment fai­bles. Je com­prends le sym­bole qu’aurait repré­senté une vic­toire con­tre Marine Le Pen mais ce suc­cès aurait été dilué par les médias dans l’ensem­ble des résul­tats et n’aurait pas eu d’effet sur les résul­tats natio­naux du Front Natio­nal.

Les incon­vé­nients de la défaite sont signi­fi­ca­tifs. Outre la publi­cité appor­tée à la vic­toire de Marine Le Pen, cet échec local va ter­nir l’excel­lente cam­pa­gne menée par le Front de Gau­che pour les Pré­si­den­tiel­les.

Qu’on s’en réjouisse ou pas et même si cela n’est pas con­forme à l’esprit de nos ins­ti­tu­tions, les fran­çais sou­hai­tent aux légis­la­ti­ves élire un repré­sen­tant ou une repré­sen­tante qui con­naît et repré­sente leur cir­cons­crip­tion. Il n’est pas si facile de se faire accep­ter dans une cir­cons­crip­tion qu’on ne con­naît pas et cela est encore plus vrai dans la région Nord-Pas-de-Calais. J’en parle en con­nais­sance de cause. Il y avait là une dif­fi­culté dif­fi­cile à sur­mon­ter.

Sans doute la cam­pa­gne qui a été menée n’était-elle pas non plus celle qui pou­vait être la plus effi­cace. Les spé­ci­fi­ci­tés d’une cam­pa­gne légis­la­tive n’ont pas été assez pri­ses en compte et en ten­tant de faire de cette cam­pa­gne locale un pro­lon­ge­ment de la cam­pa­gne des pré­si­den­tiel­les, nous avons pris le ris­que de valo­ri­ser Marine Le Pen.

Je regrette éga­le­ment que Jean-Luc Mélen­chon n’ait pas appelé à voter pour le can­di­dat socia­liste Phi­lippe Kemel dès sa pre­mière inter­ven­tion ce soir. Tout doit être fait pour bat­tre Marine Le Pen. Il n’y a pour moi aucune hési­ta­tion dans cette cir­cons­crip­tion, il faut voter pour le can­di­dat socia­liste.

Etait-il pos­si­ble d’évi­ter l’erreur de l’aven­ture d’Hénin Beau­mont ? Je vous invite à pren­dre con­nais­sance d’un extrait d’un entre­tien accordé par Marc Dolez député Front de Gau­che, au jour­nal Dai­ly­Nord et publié le 3 juin der­nier.

Dai­ly­Nord : Dans une cir­cons­crip­tion par­ti­cu­lière, celle d’Hénin-Beau­mont, que pen­sez-vous de la déci­sion de Jean-Luc Mélen­chon de défier Marine Le Pen ?

Marc Dolez : J’ai été sur­pris et pour tout dire per­plexe. Je n’ai pas été asso­cié à cette déci­sion, ni con­sulté. Je sou­haite que Jean-Luc Mélen­chon gagne. Mais je ne vou­drais pas que le vacarme média­ti­que occulte le mes­sage du Front de Gau­che à l’occa­sion de ces élec­tions légis­la­ti­ves : nous vou­lons réus­sir le chan­ge­ment, que nos pro­po­si­tions soient pri­ses en compte. Nous ne devons pas être seu­le­ment le parti anti Front natio­nal. Le vote FN est un vote de colère, de souf­france sociale, d’exas­pé­ra­tion : c’est à ces préoc­cu­pa­tions qu’il faut appor­ter des répon­ses con­crè­tes. Le pro­blème majeur ce n’est pas le FN, mais savoir quelle poli­ti­que va être menée pour réus­sir le chan­ge­ment.

Je par­tage entiè­re­ment ces remar­ques. Sans doute le PG s’est-il laissé un peu grisé par les bons résul­tats de la Pré­si­den­tielle. Est-ce le hasard si je pense comme Marc Dolez ? Il se trouve que j’ai milité 5 ans dans le Nord, que j’ai été secré­taire de la sec­tion de Douai du PS et que mon suc­ces­seur s’appe­lait… Marc Dolez.