Et les médias res­sas­sent et déve­lop­pent cette idée. Je le regrette et sou­hai­te­rais que les fran­çais ne se lais­sent pas pren­dre à cette ten­dance.

Notons d’abord que nous som­mes à un an de la future élec­tion pré­si­den­tielle. Il suf­fit de se tour­ner vers le passé pour cons­ta­ter que les son­da­ges n’ont en géné­ral pas annoncé un an aupa­ra­vant quels seraient les can­di­dats du second tour de la pré­si­den­tielle.

On rai­sonne donc à par­tir d’une situa­tion qui va évi­dem­ment évo­luer. Pour­quoi se poser une ques­tion qui n’aura peut-être que peu ou pas de sens le moment venu ?

Notons ensuite que les dis­cus­sions actuel­les, quel qu’en soit le con­tenu, se sub­sti­tuent au débat de fond. Pen­dant que se déve­loppe une sorte de con­cours Lépine con­sis­tant à trou­ver un moyen d’empê­cher Marine Le Pen d’arri­ver au second tour (con­train­dre la gau­che à ne pro­po­ser qu’un can­di­dat, modi­fier le mode de scru­tin, faire pres­sion sur tous les “petits” can­di­dats pour qu’ils renon­cent à se pré­sen­ter,…) on ne pro­pose pas de solu­tions aux pro­blè­mes qui préoc­cu­pent le plus les fran­çais et qui expli­quent, jus­te­ment la pro­gres­sion du Front Natio­nal.

On renonce à trai­ter les cau­ses d’une situa­tion con­si­dé­rée un an aupa­ra­vant comme qua­si­ment acquise. Il nous appar­tient par le tra­vail poli­ti­que de faire en sorte que Marine Le Pen ne soit pas pré­sente au second tour et qu’en tout état de cause, une gau­che réa­liste et utile gagne l’élec­tion.

Je pré­cise qu’il est absurde de vou­loir régler un pro­blème poli­ti­que (la mon­tée de l’extrême-droite) par une modi­fi­ca­tion de nos règles démo­cra­ti­ques. L’achar­ne­ment de la droite et sou­vent de la gau­che à refu­ser toute appli­ca­tion de la pro­por­tion­nelle a cer­tes empê­ché le FN (et quel­ques autres orga­ni­sa­tions poli­ti­ques) d’avoir des élus mais n’a nul­le­ment enrayé la pro­gres­sion du FN. Peut-être même l’a-t-il encou­ragé.

Il est néces­saire que la pro­chaine pré­si­den­tielle soit l’occa­sion d’un cons­tat (l’échec de Nico­las Sar­kozy) et d’un débat démo­cra­ti­que sur la poli­ti­que qu’il con­vient de sub­sti­tuer à la sienne.