Le blog de Sylvain Renard

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Avant le premier tour...

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Je vou­drais d’abord avoir une pen­sée émue pour les vic­ti­mes de l’atten­tat qui a frappé notre pays hier au soir.

Une fois de plus, les for­ces de police qui assu­rent notre sécu­rité sont dure­ment tou­chées. Je leur témoi­gne mon sou­tien et ma soli­da­rité.

La cam­pa­gne élec­to­rale que nous venons de vivre s’achève tris­te­ment non seu­le­ment à cause de cet atten­tat mais aussi pour moi, parce qu’elle ne crée aucun réel espoir d’un chan­ge­ment impor­tant et pro­gres­siste.

Rien de ce que j’ai entendu ou lu ces der­niers jours ne remet en cause les con­vic­tions que j’expri­mais dans mon texte du 19 mars.

Cer­tes, Jean-Luc Mélen­chon a réussi une remar­qua­ble remon­tée due à ses qua­li­tés per­son­nel­les mais aussi au “vote utile”. Beau­coup d’élec­teurs de gau­che qui ne sont pas d’accord avec lui sur de nom­breux points vote­ront pour lui en déses­poir de cause, parce qu’aucun autre can­di­dat pro­che de leurs idées ne sem­ble pou­voir l’empor­ter. Mais cette remon­tée ne doit pas cacher l’essen­tiel : le pro­gramme et la stra­té­gie adop­tés par le lea­der de la France Insou­mise ne lui per­met­tront pro­ba­ble­ment pas d’attein­dre le second tour et même s’il était élu d’appli­quer son pro­gramme, au demeu­rant dan­ge­reux à divers égards.

Au sujet du pro­gramme de la France Insou­mise, je vous con­seille l’inté­res­sant arti­cle de mon ami Guillaume Duval qui n’est pas, croyez-moi, un défen­seur du capi­ta­lisme libé­ral.

Au sujet de la stra­té­gie, je cons­tate par­tout que des can­di­dats de la France Insou­mise s’oppo­sent à des can­di­dats com­mu­nis­tes. C’est le cas à Cor­beil-Eson­nes et si je res­pecte la posi­tion de Michel Nouaille qui sou­tient Jean-Luc Mélen­chon avec son Parti, on com­pren­dra que je ne vote pas avec ceux qui ne veu­lent pas de lui comme député… Bref, Jean-Luc Mélen­chon c’est le refus du ras­sem­ble­ment et du com­pro­mis poli­ti­que, donc l’échec.

Je com­prends l’enthou­siasme de ceux qui le sou­tien­nent mais on ne fait uti­le­ment de la poli­ti­que qu’avec la réa­lité et la France n’est pas dans l’état qu’ils ima­gi­nent. L’aven­ture de la Frrance Insou­mise, quel­les que soient les qua­li­tés de ses mili­tants et de ses rares lea­ders, ne fera que retar­der, sans doute d’une dizaine d’années, le suc­cès d’une gau­che de gou­ver­ne­ment apte à amé­lio­rer la vie des plus pau­vres, à lut­ter réel­le­ment con­tre la finance et à réduire le chô­mage, bref à faire ce que Fran­çois Hol­lande n’a pas fait.


Benoit Hamon, placé dans une situa­tion très dif­fi­cile, a eu le mérite de rem­por­ter la vic­toire des pri­mai­res de la Gau­che en ras­sem­blant de nom­breux socia­lis­tes et sym­pa­thi­sants qui refu­sent le social libé­ra­lisme et sans les­quels on ne cons­truira rien de dura­ble à gau­che en France. Il a adopté la stra­té­gie de ras­sem­ble­ment qui con­ve­nait comme le mon­trent ses accords avec les verts et les radi­caux de gau­che. Il a mené une cam­pa­gne cou­ra­geuse et hono­ra­ble. Je n’ai aucune rai­son de remet­tre en cause le choix que j’avais expli­cité il y a un mois, c’est pour­quoi je vote­rai diman­che pour Benoit Hamon.

Un nouveau 21 avril ?

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(Illus­tra­tion : cari­ca­ture de Nico­las Sar­kozy et Carla Bruni, par Karl Meers­man

Le Pari­sien titrait en une hier : Pré­si­den­tiel­les : vers un nou­veau 21 avril ?

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