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Un groupe de per­son­nes atten­dait déjà devant la Mai­rie à mon arri­vée. Qui allai-je recon­naî­tre ? Je ne pou­vais m’empê­cher de repen­ser à ce mer­veilleux texte de Proust dans Le temps retrouvé, dans lequel Mar­cel par­ti­cipe à une soi­rée chez le prince de Guer­man­tes cher­chant, sans tou­jours y par­ve­nir à recon­naî­tre les invi­tés qu’il ren­con­tre et que le Temps a changé au point qu’il ima­gine assis­ter à un bal cos­tumé.

Une pro­fonde émo­tion régna pen­dant toute la céré­mo­nie qui dura envi­ron 1 heure 30. Les témoi­gna­ges se suc­cé­dè­rent après les mots d’accueil de Patrice Bes­sac, Maire de Mon­treuil, pour retra­cer l’action de Didier mais aussi et peut-être sur­tout pour évo­quer la richesse de sa per­son­na­lité. Je m’efforce d’en ren­dre suc­cin­te­ment compte.

Gaël Brus­tier évo­qua le regard de Didier et raconta des anec­do­tes mon­trant l’humour déca­pant de notre cama­rade. Didier Les­chi lut des mes­sa­ges de Jean-Luc Mélen­chon et de Régis Debray et qua­li­fia avec per­ti­nence Didier de per­ceur de bau­dru­che et d‘exem­ple d’inté­grité. il le défi­nit comme un frère bohème de Jean-Pierre Che­vè­ne­ment.

Phi­lippe Cor­cuff, qui vient de publier un excel­lent arti­cle sur Didier, évo­qua son iti­né­raire et l’impor­tance qu’eut pour lui Didier. Il donna éga­le­ment lec­ture d’un témoi­gnage de Sophie Wah­nich, his­to­rienne de la Révo­lu­tion fran­çaise.

Lau­rent Rauth lut trois poè­mes de Didier dont le pre­mier fut écrit en 1947.

Avec beau­coup de dignité, Domi­ni­que Cabrera retraça les der­niers moments de Didier qui a su affron­ter la mala­die et la mort avec un remar­qua­ble cou­rage.

Il revint à Jean-Pierre Che­vè­ne­ment de clore l’hom­mage. Il évo­qua la puis­sante intel­li­gence et la vaste cul­ture de Didier mais aussi son côté enig­ma­ti­que et son esprit très facé­tieux.

Jean-Pierre raconta sa ren­con­tre avec Didier qui était son chef de Bureau et évo­qua leur com­pa­gnon­nage poli­ti­que.

Il rap­pela que dans l’ouvrage L’Enar­chie ou Les man­da­rins de la société bour­geoise (publié sous le pseu­do­nyme de Jac­ques Man­drin) c’est Alain Gomez qui écri­vit la pre­mière par­tie, Didier Mot­chane la troi­sième et lui-même la seconde.

Il expli­qua que Didier était un homme poli­ti­que mais aussi un pen­seur, un poète et sur­tout un édu­ca­teur, créa­teur de nom­breu­ses revues.

La dis­pa­ri­tion de Didier cor­res­pond pour nous tous à la fin du cycle d’Epi­nay sans que notre espoir socia­liste dis­pa­raisse.

Il rap­pela éga­le­ment le rôle de Didier dans l’éla­bo­ra­tion du logo­type (le Poing et la rose) qui devint l’emblème du Parti Socia­liste et d’autres par­tis euro­péens.

“Nous lui devons, je lui dois beau­coup” affirma Che­vè­ne­ment, rap­pe­lant la grande con­fiance qu’il avait en Didier qui fut une cons­cience exi­geante et fidèle.

Il était temps de se quit­ter.

Le moment le plus émou­vant de cet hom­mage fut pour moi la pro­jec­tion d’un petit film de Domi­ni­que Cabrera mon­trant Didier malade, pro­che de la fin de sa vie avec une séré­nité qui ne peut ins­pi­rer que tris­tesse et admi­ra­tion.

Pour ma part, je retiens l’intel­li­gence de Didier, son com­bat obs­tiné pour la Gau­che avec le CERES mais aussi la bien­veillance d’un homme avec qui j’ai eu beau­coup de plai­sir à tra­vailler pen­dant trois ans comme per­ma­nent du CERES. Je l’ai déjà dit, c’est l’homme poli­ti­que qui m’a le plus appris et qui ne m’a jamais déçu.

Je publie ci-des­sous trois pho­tos de l’hom­mage de ce matin et quel­ques ima­ges tirées de mes archi­ves. (Je ferai pro­chai­ne­ment entrer dans le domaine public cer­tai­nes de mes pho­tos et j’invite ceux qui vou­draient dis­po­ser d’ima­ges en plus haute réso­lu­tion à pren­dre con­tact avec moi en com­men­tant cet arti­cle)

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