Elle est d’abord la con­sé­quence d’une grande souf­france de beau­coup de poli­ciers qui ont des con­di­tions de tra­vail très dif­fi­ci­les et qui res­sen­tent très dou­lou­reu­se­ment la ten­ta­tive d’assas­si­nat dont ont été vic­ti­mes leurs col­lè­gues à Viry-Cha­tillon.

Je tiens à leur témoi­gner ma soli­da­rité et mon sou­tien.

Prompts à se mobi­li­ser (géné­ra­le­ment à juste titre) pour défen­dre les attein­tes au Droit du tra­vail ou aux Droits de l’Homme, beau­coup de mili­tants de gau­che m’ont paru bien pas­sifs au moment ou de jeu­nes cri­mi­nels ont agressé des fonc­tion­nai­res qui ne fai­saient que leur tra­vail en sur­veillant une caméra. Pas de mani­fes­ta­tion, pas de ras­sem­ble­ment, pas de péti­tion… Et ceux qui ont mani­festé con­tre la Loi tra­vail (que je désap­prouve) sem­blent ne rien avoir à dire quand des fonc­tion­nai­res d’Etat se voient pri­vés de con­gés ou de RTT et ont des con­di­tions de tra­vail parmi les pires.

Il est temps que nos indi­gna­tions et nos mobi­li­sa­tions ne soient pas sélec­ti­ves. Les poli­ciers (et les mili­tai­res) accom­plis­sent des tâches dan­ge­reu­ses qui sont néces­sai­res à notre sécu­rité et au main­tien de notre démo­cra­tie. Ils doi­vent être res­pec­tés et doi­vent dis­po­ser de con­di­tions de tra­vail décen­tes.

Quand un mou­ve­ment social se déve­loppe, il y a tou­jours des ten­ta­ti­ves de récu­pé­ra­tion et j’ima­gine bien que la droite et l’extrême droite ne chô­me­ront pas dans ce domaine mais les pro­pos de Jean-Chris­to­phe Cam­ba­dé­lis qui a tenté de réduire le mou­ve­ment actuel à une mani­pu­la­tion du Front Natio­nal m’ont paru faux et stu­pi­des. Ils mon­trent com­bien le Parti Socia­liste est éloi­gné de la réa­lité de ter­rain et n’a rien à pro­po­ser pour sor­tir de la crise actuelle.

Ceci dit, je mesure le pro­blème que posent des mani­fes­ta­tions illé­ga­les des for­ces de Police qui met­tent en cause l’auto­rité de l’Etat. La réponse n’est pas dans la répres­sion mais dans la reprise du dia­lo­gue entre les poli­ciers et le gou­ver­ne­ment et dans la prise de déci­sions immé­dia­tes.

La con­cer­ta­tion annon­cée par le Minis­tre de l’Inté­rieur me paraît un pre­mier pas posi­tif.

Sans doute la démis­sion du Direc­teur Géné­ral de la Police Natio­nale qui n’a pas su aler­ter et expri­mer la déses­pé­rance de ses trou­pes, serait-elle aussi bien­ve­nue.

Au-delà de mesu­res qui peu­vent être pri­ses rapi­de­ment (meilleur équi­pe­ment, meilleur arme­ment, réduc­tion des tâches indues, chan­ge­ment d’atti­tude de la hié­rar­chie, paie­ment de heu­res sup­plé­men­tai­res, …) la situa­tion actuelle appelle des mesu­res de fond en par­ti­cu­lier dans le domaine de la Jus­tice. A cet égard, Jean-Jac­ques Urvoas me sem­ble agir uti­le­ment. Il est vrai qu’il ne lui serait guère pos­si­ble de faire pire que Chris­tiane Tau­bira.

La Gau­che se trom­pe­rait lour­de­ment si elle igno­rait le besoin de sécu­rité du peu­ple fran­çais (à com­men­cer par celui qu’expri­ment les plus vul­né­ra­bles d’entre nous), et le cri de souf­france et de colère de ceux qui sont char­gés au jour le jour de lut­ter con­tre la cri­mi­na­lité et la délin­quance.