Ne con­nais­sant pas M. You­nès Bou­nouara et n’ayant pas assisté au pro­cès qui s’est ter­miné la semaine der­nière par la con­dam­na­tion de ce cri­mi­nel à 15 ans de réclu­sion (le Pro­cu­reur de la Répu­bli­que avait demandé 12 ans), je ne peux don­ner un avis sur le quan­tum de la peine qui lui a été infli­gée par la Cour d’Assise de l’Essonne. Pré­ci­sons au pas­sage que la peine n’est peut-être pas défi­ni­tive, le con­damné pou­vant faire appel.

Je me réjouis par con­tre que ce pro­cès ait eu lieu et qu’une con­dam­na­tion des­ti­née à l’empê­cher de nuire ait été infli­gée à celui qui a ouvert le feu dans les rues de Cor­beil-Esson­nes. Le 19 mai 2013 Mon­sieur Bou­nouara avait en effet tiré à deux repri­ses sur Fatah Hou, le bles­sant griè­ve­ment.

Je sou­haite bien entendu à M. Bou­nouara d’effec­tuer le tra­vail sur lui-même et les efforts néces­sai­res pour qu’il puisse se réin­sé­rer dans notre société et ne pas réci­di­ver.

Il est utile que la jus­tice soit pas­sée dans une affaire qui n’est en fait qu’une retom­bée directe des nom­breux délits qui auraient été com­mis pen­dant des années à Cor­beil-Esson­nes pour tru­quer les élec­tions muni­ci­pa­les et ce n’est pas par hasard que le Figaro, dont Serge Das­sault est pro­prié­taire, n’a pas jugé utile d’infor­mer ses lec­teurs de la con­dam­na­tion de M. Bou­nouara qui a été annon­cée et com­men­tée dans tou­tes la Presse natio­nale (Le Monde, Libé­ra­tion, L’Obs, Le Pari­sien, Le Point, L’express,…).

Faut-il rap­pe­ler que si M. Bou­nouara a tiré sur M. Fatah Hou, c’est qu’un dif­fé­rend finan­cier les oppo­saient au sujet de la répar­ti­tion de l’argent qu’aurait dis­tri­bué notre ancien Maire ? Comme le dit Le Pari­sien : l’argent de Serge Das­sault est au cœur de ce règle­ment de compte. Je note que ni Serge Das­sault, ni Jean-Pierre Bech­ter, pour­tant cités comme témoins, ne se sont pré­sen­tés devant la Cour. Une atti­tude peu res­pec­teuse de la Jus­tice que je con­damne.

Ce pro­cès est pour moi l’occa­sion de rap­pe­ler d’une part que le fonc­tion­ne­ment démo­cra­ti­que de notre com­mune reste à réta­blir. Ce réta­blis­se­ment néces­site que soit mis fin à ce que nous avons pris l’habi­tude d’appe­ler le sys­tème Das­sault. D’autre part, que la tenue du pro­cès sur les “achats de voix” est néces­saire (bien que non suf­fi­sant) à ce réta­blis­se­ment.

Vous savez que je me suis porté Par­tie Civile dans cette affaire (avec d’autres citoyens) dont l’ins­truc­tion est tou­jours en cours. Je m’oppose à cette forme de rési­gna­tion qui sem­ble de plus en plus anes­thé­sier nos con­ci­toyens. Le temps qui passe n’efface pas les fau­tes, sur­tout quand leurs auteurs con­ti­nuent d’en béné­fi­cier.

Je con­nais la volonté et le sérieux des enquê­teurs et des juges d’ins­truc­tion char­gés de cette affaire mais quand je vois les rap­ports très cor­diaux, voire l’appa­rente con­ni­vence, qu’entre­tien­nent cer­tains mem­bres émi­nents de l’actuelle majo­rité avec notre ancien Maire, j’avoue dou­ter de la volonté de l’actuel gou­ver­ne­ment de réta­blir la démo­cra­tie locale dans notre ville.

De nom­breux actes d’ins­truc­tion ont été effec­tué, des témoi­gan­ges acca­blants (si j’en crois la Presse) ont été recueillis. Il faut main­te­nant que le pro­cès se tienne rapi­de­ment d’autant que le che­min est encore long avant une éven­tuelle con­dam­na­tion défi­ni­tive (les éven­tuels con­dam­nés pour­ront faire appel et se pour­voir en cas­sa­tion).

J’en con­clus qu’il faut espé­rer que le fonc­tion­ne­ment de la Jus­tice ne soit pas influencé d’une manière ou d’une autre par le pou­voir d’Etat et qu’il appar­tient aux citoyens d’y veiller.