Réponse à l’arti­cle de S. Renard

Cher Syl­vain,

Je te remer­cie pour cet arti­cle, qui tente d’appor­ter un éclai­rage (de plus) à une ques­tion qui agite l’actua­lité poli­ti­que cor­beil-esson­noise, esson­nienne et fran­ci­lienne y com­pris, depuis quel­ques semai­nes, voire depuis son ouver­ture il y a un an.

Tu insis­tes toi-même sur le fait que « la ques­tion est trop sérieuse pour faire l’objet de polé­mi­ques inu­ti­les ». C’est pour­tant bien, à mon sens, ce qui a résulté de la pré­sence d’un grand nom­bre de per­son­na­li­tés poli­ti­ques esson­nien­nes de tous bords, lundi 12 octo­bre der­nier à la mani­fes­ta­tion orga­ni­sée par les res­pon­sa­bles de la MSP Les Allées à Cor­beil-Esson­nes. A moins de deux mois des élec­tions régio­na­les, cette entre­prise géné­ra­li­sée de récu­pé­ra­tion poli­ti­que a pris là des pro­por­tions gro­tes­ques. Pré­ci­sons que cette cri­ti­que ne peut pas être adres­sée à Régis Char­bon­nier, maire Boissy-Saint-Léger, bien loin de sa com­mune donc mani­fes­te­ment pré­sent sur place pour d’autres rai­sons.

Des « polé­mi­ques inu­ti­les », c’est ce qui arrive quand cha­que per­sonne se sen­tant con­cer­née, de près ou de loin, par un sujet aussi com­plexe croit oppor­tun d’y pren­dre part et de poin­ter des res­pon­sa­bi­li­tés.

Merci, donc, de con­tri­buer à démê­ler le vrai du faux dans cette affaire. Il est grand temps que la vérité soit réta­blie et que les faits réels soient por­tés à la con­nais­sance des un-e-s et des autres, pour évi­ter les amal­ga­mes, les stig­ma­ti­sa­tions et les « chas­ses aux sor­ciè­res » aux­quel­les nous assis­tons mal­heu­reu­se­ment dans cette his­toire.

Le fait est que la pénu­rie de pro­fes­sion­nels de santé sur notre ter­ri­toire est bien réelle, qu’elle impacte direc­te­ment la qua­lité de vie des Cor­beil-Esson­nois-es et qu’il faut trou­ver les moyens d’y remé­dier.

Le fait est que la région, dont ce n’est pas là une des com­pé­ten­ces obli­ga­toi­res, a par­ti­cipé à hau­teur de 200 000 € à la réa­li­sa­tion de ce beau pro­jet, et ce en toute trans­pa­rence dès le départ. 200 000 €, c’est la somme maxi­male que le Con­seil régio­nal pou­vait attri­buer, et la MSP a béné­fi­cié là d’une déro­ga­tion dès lors que tous les pra­ti­ciens qui y tra­vaillent ne sont pas con­ven­tion­nés sec­teur 1, ce qui est une des con­di­tions pour être sub­ven­tionné par la région. Des cour­riers du Con­seil régio­nal en attes­tent.

Ici, les seuls élus à être inter­ve­nus con­crè­te­ment sont Hatouma Dou­coure, con­seillère régio­nale, et Car­los Da Silva, Député, en per­met­tant le ver­se­ment de ladite sub­ven­tion alors même que le chan­tier n’était pas achevé.

Le fait est que le Député, cer­tes absent ce soir-là car en dépla­ce­ment en pro­vince, sou­tient et accom­pa­gne depuis le départ M. Nico­lini, et qu’il a notam­ment déblo­qué des fonds – à la hau­teur de ses modes­tes moyens – dans le cadre de sa réserve par­le­men­taire.

De tout cela, des preu­ves écri­tes exis­tent.

Le fait est que ni la ville de Cor­beil-Esson­nes, ni la com­mu­nauté d’agglo­mé­ra­tion Seine Essonne, ni le séna­teur, mal­gré ses pro­mes­ses, n’ont jamais épaulé finan­ciè­re­ment la MSP alors même qu’il s’agit d’offrir aux Cor­beil-Esson­nois-es une offre de soins de santé de proxi­mité et de qua­lité.

Au Con­seil dépar­te­men­tal de l’Essonne, Car­los Da Silva sou­hai­tait éga­le­ment que la col­lec­ti­vité inter­vienne pour sou­te­nir le pro­jet dans sa délé­ga­tion alors déte­nue par Mar­jo­laine Rauze, par ailleurs pro­che de M. Piriou. Or il n’a échappé à per­sonne que depuis lors, la majo­rité a changé de camp et que M. Piriou, pré­sent ce lundi soir parmi les mani­fes­tants, porte dans la défaite de mars der­nier une res­pon­sa­bi­lité incon­tes­ta­ble qui exi­ge­rait davan­tage d’humi­lité de sa part.

Alors oui, cer­tains ont beau jeu de se pré­sen­ter face aux jour­na­lis­tes lors d’une opé­ra­tion coup de poing pour dénon­cer tel ou telle. Cepen­dant, l’iro­nie du sort fait qu’aujourd’hui sont poin­tés du doigt cel­les et ceux qui ont sou­vent le plus œuvré pour la réus­site de ce chan­tier. Aucun des par­tis repré­sen­tés lundi 12 octo­bre (PCF, PG, LR et DLF) n’a aidé en quoi que ce soit à la réa­li­sa­tion de cette MSP. D’un côté, il y a ceux qui agis­sent – comme le PS, avec le tra­vail du Député et de la con­seillère régio­nale – et ceux qui s’agi­tent beau­coup et ne font rien.

C’est pour­quoi, encore une fois, je salue ton tra­vail et la qua­lité des arti­cles de fond que tu pro­duis et que tu por­tes à la con­nais­sance de cha­cun. Si les pro­blè­mes que con­naît la MSP Les Allées sont loin d’être réglés et s’il faut con­ti­nuer à cher­cher des solu­tions pour y remé­dier, dire la vérité est déjà un pas qu’il est indis­pen­sa­ble de fran­chir pour pou­voir avan­cer par la suite, serei­ne­ment, intel­li­gem­ment et sans « polé­mi­ques inu­ti­les ».

Jérôme Bré­zillon

Secré­taire de sec­tion du Parti socia­liste à Cor­beil-Esson­nes