Il faut d’abord dire que ce ras­sem­ble­ment a été un suc­cès. Envi­ron 70 per­son­nes se sont dépla­cées et des élus de dif­fé­ren­tes sen­si­bi­li­tés étaient pré­sents pour appor­ter leur sou­tien à la Mai­son de santé et au-delà pour poser le pro­blème de l’évo­lu­tion de notre sys­tème de santé.

J’ai noté la pré­sence de Nico­las Dupont Aignan, député de l’Essonne et Maire de Yer­res, de Karl Dirat, Maire (SE) de Vil­labé, de Régis Char­bon­nier (PS) Maire de Boissy-Saint Léger, de Robin Reda, Maire (Les Répu­bli­cains) de Juvisy-sur-Orge, de jérome Bré­zillon, con­seiller muni­ci­pal (PS) de Cor­beil-Esson­nes, de Pas­cale Pri­gent, con­seillère muni­ci­pale (PG) de Cor­beil-Esson­nes et de Bruno Piriou con­seiller muni­ci­pal (PCF) de Cor­beil-Esson­nes.

Après une inter­ven­tion de Damien Nico­lini, ini­tia­teur du pro­jet, qui a expli­qué les dif­fi­cul­tés aux­quel­les il est con­fronté, plu­sieurs des élus pré­sents ont pris la parole pour appor­ter leur sou­tien à la mai­son de Santé de Cor­beil-Esson­nes mais aussi pour expri­mer les dif­fi­cul­tés qu’ils ren­con­trent eux-même pour créer de tel­les struc­tu­res. Un accord a sem­blé se déga­ger sur une pro­po­si­tion faite par Bruno Piriou d’une délé­ga­tion auprès de l’ARS.

Je me suis efforcé depuis diman­che de com­pren­dre la situa­tion. J’ai pro­gressé, mais le pro­blème posé doit être dis­cuté démo­cra­ti­que­ment et cal­me­ment. La ques­tion est trop sérieuse pour faire l’objet de polé­mi­ques inu­ti­les.

Je remer­cie Damien Nico­lini, qui pré­side l’asso­cia­tion Espace Vie por­teuse du pro­jet, pour les docu­ments qu’il m’a four­nis ainsi que Jac­ques Picard (Con­seiller Régio­nal EELV) pour les infor­ma­tions qu’il m’a trans­mi­ses.

Je ne suis pas sûr d’avoir tout com­pris mais je vou­drais par­ta­ger mes infor­ma­tions et mes appré­cia­tions tel­les quel­les sont aujourd’hui.

Un ani­ma­teur pas­sionné

Damien Nico­lini est à l’ori­gine du pro­jet de Mai­son de santé. Il a porté ce pro­jet à bout de bras et y a dépensé beau­coup d’éner­gie. Il est clair qu’il en a été la che­ville ouvrière.

Sans doute son atti­tude allie-t-elle la pas­sion de l’entre­pre­neur et celle du citoyen qui veut faire évo­luer un sys­tème de santé en dan­ger. Damien Nico­lini a obtenu des résul­tats con­crets; il a fédéré de nom­breux pro­fes­sion­nels de santé, il a per­mis la réa­li­sa­tion des tra­vaux qui ont doté Cor­beil-Esson­nes d’un nou­vel équi­pe­ment utile qui a trouvé son public

Sans doute n’a-t-il pas trouvé le style de rela­tions qui con­ve­nait tant avec cer­tains pro­fes­sion­nels de santé qu’avec cer­tai­nes admi­nis­tra­tions. Il s’est ainsi forgé de soli­des ini­mi­tiés qui ne faci­li­tent pas la réso­lu­tion de l’actuel pro­blème. Pour réus­sir, il sem­ble aussi avoir déve­loppé son pro­jet sans avoir bou­clé le finan­ce­ment de l’opé­ra­tion.

Je res­sens dans cette affaire un besoin de média­tion et de dia­lo­gue que les défen­seurs de la Mai­son de santé ne doi­vent pas redou­ter.

Un pro­jet Utile

La Mai­son de santé des Allées cor­res­pond à un mode d’exer­cice de la méde­cine libé­rale qu’il me paraît sou­hai­ta­ble de pro­mou­voir au moment où nous man­quons de méde­cins et où les urgen­ces ne par­vien­nent que dif­fi­ci­le­ment à faire face à une demande crois­sante de soins.

Si les pro­mo­teurs de tel­les ini­tia­ti­ves doi­vent pren­dre un cer­tain nom­bre d’enga­ge­ments et les tenir (pas de dépas­se­ment d’hono­rai­res, col­la­bo­ra­tion avec le sys­tème public de soins,..), je con­si­dère qu’elles doi­vent être encou­ra­gées et sou­te­nues quand elles exis­tent.

J’ai noté en écou­tant les élus hier soir et en m’infor­mant que si le gou­ver­ne­ment est favo­ra­ble au déve­lop­pe­ment de Mai­sons de santé regrou­pant des pro­fes­sion­nels libé­raux, la mise en place de tel­les mai­sons se heurte sou­vent à de sérieu­ses dif­fi­cul­tés. Il sem­ble que la dis­tance soit grande entre les affir­ma­tions gou­ver­ne­men­ta­les et la réa­lité du ter­rain. Il est symp­to­ma­ti­que que des élus de sen­si­bi­li­tés oppo­sées se soient retrou­vés hier au soir pour dénon­cer ces dif­fi­cul­tés. Bref, si les solu­tions sont dif­fi­ci­les à trou­ver en Essonne, on les trou­vera encore moins en Tou­raine.

Pour autant, le finan­ce­ment, même par­tiel, d’ini­tia­ti­ves pri­vées par des fonds publics doit être étu­dié avec soin. A Cor­beil-Esson­nes par exem­ple, le déve­lop­pe­ment de la Mai­son de santé des Allées ne peut être conçu que comme com­plé­men­taire par rap­port au Cen­tre Muni­ci­pal de Santé avec lequel elle ne doit pas entrer en con­cur­rence car ce Cen­tre, acteur du Ser­vice Public, rend depuis long­temps de grands ser­vi­ces et cons­ti­tue un acquis pour les habi­tants.

Le rôle de la région

Cer­tai­nes cri­ti­ques for­mu­lées con­tre l’exé­cu­tif régio­nal m’ont paru exces­si­ves, voire infon­dées, au vu des faits comme Régis Char­bon­nier l’a d’ailleurs fait remar­quer hier au soir avec per­ti­nence.

La région a accordé un finan­ce­ment de 200 000 euros repré­sen­tant 50 % de l’inves­tis­se­ment total, ce qui cons­ti­tue un enga­ge­ment poli­ti­que clair et finan­ciè­re­ment con­si­dé­ra­ble que la loi ne lui impo­sait pas. Sans doute les res­pon­sa­bles du pro­jet de Cor­beil-Esson­nes ont-il un peu vite con­fondu l’enga­ge­ment maxi­mal qui pou­vait être pris par la région avec le mon­tant de la sub­ven­tion réel­le­ment allouée et ont-ils un peu vite con­si­déré l’exé­cu­tif régio­nal comme un adver­saire alors qu’il a au final été leur seul par­te­naire fia­ble.

En tout état de cause, l’enga­ge­ment régio­nal a été pris dans le cadre d’un co-finan­ce­ment qui n’est pas pré­sent aujourd’hui.

Le plan de finan­ce­ment, que j’ai pu con­sul­ter, pré­voyait des finan­ce­ments de l’ARS (Agence Régio­nale de Santé), du Con­seil Géné­ral de l’Essonne et de la Mai­rie de Cor­beil-Esson­nes. Je crains que ces sub­ven­tions soient res­tées à l’état de pro­mes­ses, de cel­les qui n’enga­gent que ceux qui les écou­tent…

Si la région avait donné plus, elle se ver­rait con­trainte aujourd’hui de deman­der le rem­bour­se­ment de sa sub­ven­tion qui ne peut dépas­ser 50 % de l’inves­tis­se­ment total. Bref, le région a tenu ses enga­ge­ments.

Les absents

Si j’ai appré­cié que des mai­res d’autres com­mu­nes se mobi­li­sent pour la Mai­son des Allées, je trouve tout à fait anor­mal que la muni­ci­pa­lité de notre ville ait été absente hier au soir et sem­ble tota­le­ment se désin­té­res­ser du pro­blème qui con­cerne pour­tant la santé de mil­liers de Cor­beil-Esson­nois.

Les ten­sions qui exis­tent entre les res­pon­sa­bles d’une asso­cia­tion et les élus ne peu­vent jus­ti­fier leur absence et ce qui vaut pour le Maire de la com­mune vaut pour le député de la cir­cons­crip­tion.

Quelle solu­tion ?

Il est aujourd’hui néces­saire que la Mai­son de santé des Allées con­ti­nue de fonc­tion­ner et qu’elle le fasse dans la séré­nité. Les dif­fi­cul­tés finan­ciè­res actuel­les doi­vent donc être réso­lues.

Les pro­mes­ses qui ont été fai­tes par des élus, dès lors qu’elles sont con­for­mes à la loi, doi­vent être hono­rées.

Le dia­lo­gue doit être renoué entre les admi­nis­tra­tions con­cer­nées, les élus et la Mai­son de santé. La pro­po­si­tion d’une délé­ga­tion des élus auprès de l’ARS faite par Bruno Piriou peut aller dans ce sens comme la mobi­li­sa­tion popu­laire qui s’est déve­lop­pée et qui mon­tre l’atta­che­ment des patients à la Mai­son de santé.

Les situa­tions finan­ciè­res de l’asso­cia­tion qui gère la Mai­son de santé et de la S.C.I qui pos­sède les locaux doi­vent être publiées pour que toute la lumière soit faite sur le con­flit actuel. On ne peut se con­ten­ter de la menace floue d’une éven­tuelle fer­me­ture pour poser un diag­nos­tic et pro­po­ser des solu­tions.

Je suis per­suadé que des solu­tions péren­nes peu­vent être trou­vées si un dia­lo­gue s’ins­taure dans la clarté. Rap­porté à l’ampleur du pro­jet et au nom­bre de pra­ti­ciens con­cer­nés, le besoin de finan­ce­ment évo­qué n’est pas si con­si­dé­ra­ble qu’il peut sem­bler à pre­mière vue et il ne s’agit que de l’inves­tis­se­ment ini­tial et non d’un besoin de cré­dits de fonc­tion­ne­ment..

Dans cette affaire com­plexe, le débat démo­cra­ti­que est indis­pen­sa­ble. Ce blog vous est ouvert pour appor­ter votre con­tri­bu­tion. Essayons de ne pas nous invec­ti­ver inu­ti­le­ment mais d’agir au ser­vice de nos con­ci­toyens.

m1.jpg Damien Nico­lini expli­que la situa­tion dif­fi­cile de la Mai­son de santé des Allées.

m3.jpg Bruno Piriou, Nico­las Dupont Aignan, Robin Reda et Karl Dirat.

m4.jpg Robin Reda prend la parole.

m5.jpg Régis Char­bon­nier prend la parole devant Pas­cale Pri­gent, Bruno Piriou, Nico­las Dupont Aignan, Robin Reda et Karl Dirat.

DOCU­MENT

Je publie ci-des­sous le com­mu­ni­qué de Presse publié Par le Mai­son de Santé.

COM­MU­NI­QUE DE PRESSE

La Mai­son de santé Les Allées et ses 39 pro­fes­sion­nels de santé ont réa­lisé depuis 1 an (date d’ouver­ture) 180 000 con­sul­ta­tions sur un ter­ri­toire qui vient d’être classé en zone fra­gi­li­sée en offre de soins.

Ces mêmes pro­fes­sion­nels se sont ins­crits depuis plus de deux ans dans l’évo­lu­tion et la moder­ni­sa­tion de leur pro­fes­sion, sans comp­ter, tou­jours avec le souci d’offrir la meilleure des pri­ses en charge, appor­tant des idées, des solu­tions, des ser­vi­ces et des inno­va­tions le plus sou­vent béné­vo­le­ment.

Devant la situa­tion plus que préoc­cu­pante de l’offre de soins sur le sec­teur, qui engen­dre des caden­ces et une pres­sion insou­te­na­ble sur les épau­les des pro­fes­sion­nels, les pro­fes­sion­nels de la Mai­son de Santé Les Allées s’insur­gent du trai­te­ment et de l’igno­rance des pou­voirs publics depuis main­te­nant 2 ans.

Las des pro­mes­ses non tenues des hom­mes poli­ti­ques, du nom­bre de dos­siers de sub­ven­tion dépo­sés et qui n’ont jamais abouti car res­tés sans réponse ou tout sim­ple­ment per­dus… Les pro­fes­sion­nels se mobi­li­sent.

Dès demain, nos reven­di­ca­tions seront appo­sées sur les faça­des de la Mai­son de Santé.

LES PRO­FES­SION­NELS DE LA MAI­SON DE SAN­TÉ ­SOU­HAI­TENT:

- QUE LES POLI­TI­QUES TIEN­NENT LEURS PRO­MES­SES FAI­TES LORS DE L’INAU­GU­RA­TION CON­CER­NANT LES 150 000€ NÉCES­SAI­RES À L’ACHÈ­VE­MENT DES TRA­VAUX

- L’INS­TRUC­TION EN URGENCE DE NOTRE DOS­SIER (IGNORÉ DEPUIS DES MOIS) PAR LE CON­SEIL RÉGIO­NAL POUR L’OBTEN­TION D’UN BUD­GET MATÉ­RIEL CON­FOR­MÉ­MENT A LEURS DÉLI­BÉ­RA­TIONS

- DES PLA­CES DE PAR­KING AUTOUR DE LA MSP POUR LES PATIENTS ET QUE CESSE LA VER­BA­LI­SA­TION DES PRO­FES­SION­NELS DE SANTÉ

- UN APPUI POLI­TI­QUE POUR QUE DES MESU­RES URGEN­TES ET DES MOYENS SOIENT MIS EN OEU­VRE POUR ENRAILLER LA DÉSER­TI­FI­CA­TION MÉDI­CALE ET FACI­LI­TER L’OFFRE DE SOINS

- QUE NOS IDÉES ET SOLU­TIONS SOIENT MIEUX CON­SI­DÉ­RÉES PAR L’AGENCE RÉGIO­NALE DE SANTÉ (ARS) ET PAR LA CAISSE PRI­MAIRE D’ASSU­RANCE MALA­DIE (CPAM) ET QU’ELLES NOUS DON­NENT LES MOYENS DE LES APPLI­QUER

- DE L’AIDE POUR INS­TAU­RER UN LIEN VILLE/HOPI­TAL DE QUA­LITÉ QUI FACI­LI­TERA LE PAR­COURS DE SANTÉ ET AMÉ­LIO­RERA LA PRISE EN CHARGE DES PATIENTS TOUT EN RÉA­LI­SANT DES ÉCO­NO­MIES.

Nous appe­lons tous les usa­gers à nous rejoin­dre pour défen­dre leur santé, et nous les invi­tons à signer une péti­tion dans ce sens. Des ren­con­tres auront lieu tous les soirs à par­tir de 18h à la Mai­son de Santé et nous irons sur le mar­ché les mar­dis, ven­dre­dis et diman­ches à la ren­con­tre des usa­gers.

Si nous n’étions pas enten­dus, nous irons jusqu’au blo­cage total de la MSP et jusqu à l’arrêt des soins avec l’orien­ta­tion immé­diate de l’ensem­ble des patients vers le CHSF.

Con­tact Presse : Damien Nico­lini 06.80.40.60.68