1. On peut tou­jours s’inter­ro­ger sur la per­ti­nence de la décla­ra­tion Bal­four, sur la manière dont l’Etat d’Israël a été créé et sur le prin­cipe même de la créa­tion de cet état, mais nous som­mes en 2014. L’état d’Israël est un fait qui ne peut être rai­son­na­ble­ment remis en ques­tion. Je con­si­dère que si son exis­tence était mise en cause, la France devrait la défen­dre, y com­pris mili­tai­re­ment. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on est pas, à l’heure actuelle dans cette situa­tion.

2. Les per­sé­cu­tions ter­ri­fian­tes dont les juifs ont été vic­ti­mes pen­dant la seconde guerre mon­diale ont évi­dem­ment joué un rôle dans la créa­tion de l’état d’Israël et elles pèsent encore dans l’ima­gi­naire col­lec­tif. Il fal­lait la remar­qua­ble intel­li­gence et la vision his­to­ri­que et dis­tan­ciée du Géné­ral de Gaulle pour dire que les juifs étaient “un peu­ple d’élite, sûr de lui-même et domi­na­teur” et pro­duire une ana­lyse du con­flit israélo-pales­ti­nien qui, pour l’essen­tiel, reste aujourd’hui per­ti­nente.

Il n’y a pour moi aucune con­tra­dic­tion entre le sou­ve­nir de la Shoah, le devoir de mémoire qui nous incombe pour évi­ter le retour de l’anti­sé­mi­tisme et la con­dam­na­tion de l’actuelle poli­ti­que du gou­ver­ne­ment israé­lien.

3. La solu­tion du con­flit passe par une res­pect du droit inter­na­tio­nal c’est à dire par l’appli­ca­tion de la réso­lu­tion 242 de l’ONU adap­tée après la guerre des 6 jours ce qui signi­fie qu’Israël doit éva­cuer les ter­ri­toi­res qu’il occupe illé­ga­le­ment. C’est dans ce cadre qu’on peut envi­sa­ger la créa­tion d’un véri­ta­ble état pales­ti­nien et la coexis­tence paci­fi­que de deux états.

4. C’est dire que je ne sou­haite pas “La paix”, la paix à tout prix, mais une paix juste et dura­ble. Je sais que cet objec­tif paraît com­plè­te­ment uto­pi­que mais l’évo­lu­tion des rap­ports entre la France et l’Alle­ma­gne, pour pren­dre un exem­ple qui nous tou­che de près, nous mon­tre qu’en quel­ques décen­nies, un ennemi héré­di­taire peut deve­nir un par­te­naire avec lequel on entre­tient des rap­ports ami­caux.

5. Les remar­ques qui pré­cè­dent ne me con­dui­sent pas à sou­te­nir tous les pales­ti­niens sans réflexion. Je con­damne par exem­ple les 18 exé­cu­tions som­mai­res per­pé­trées par le Hamas ces jours der­niers. De même je ne me recon­nais pas dans tous les slo­gans des mani­fes­ta­tions pro-pales­ti­nien­nes. Je ne par­tage évi­dem­ment pas les pro­pos anti­sé­mi­tes (je n’en ai pas entendu dans les der­niers ras­sem­ble­ments) mais pas non-plus les décla­ra­tions qui visent à la des­truc­tion ou à la non-recon­nais­sance de l’état d’Israël.

6. Même si un réa­jus­te­ment a été opéré au fil des semai­nes, j’ai été très déçu par la posi­tion de la France telle qu’elle a été expri­mée par le Pré­si­dent de la Répu­bli­que.
Alors que la poli­ti­que étran­gère de Fran­çois Hol­lande m’a sou­vent paru bonne (j’ai approuvé les inter­ven­tions au mali en en Cen­tra­fri­que, par exem­ple), j’ai été sur­pris par son atti­tude dans l’actuel con­flit qui rompt avec la posi­tion habi­tuelle de la France.

7. Je ne suis pas opti­miste pour les mois pro­chain alors que les com­bats con­ti­nuent à Gaza de manière spo­ra­di­que. J’estime que nous devons en cette ren­trée déve­lop­per la soli­da­rité avec la Pales­tine. A Cor­beil-Esson­nes, l’asso­cia­tion l’Oli­vier, comité local de France Pales­tine Soli­da­rité est pour moi l’outil utile de cette mobi­li­sa­tion.