De prime abord, on ne peut que se féli­ci­ter de cette déci­sion. Cette modi­fi­ca­tion de la loi était d’ailleurs sou­te­nue par de nom­breux intel­lec­tuels comme Michel Onfray, Luc Ferry, Erik Orsenna, Hubert Ree­ves ou Mat­thieut Ricard, Je la vois, pour ma part, comme un pro­grès de civi­li­sa­tion.

Il faut cepen­dant noter que la por­tée de cette modi­fi­ca­tion de la loi est assez réduite voire même sym­bo­li­que. C’est en fait le code civil qui con­si­dé­rait les ani­maux comme des “meu­bles” au sens juri­di­que du terme mais le code pénal pré­voit, lui, une peine allant jusqu’à deux ans d’empri­son­ne­ment et 30.000 euros d’amende en cas de mal­trai­tance à l’égard d’un ani­mal et fort heu­reu­se­ment les juges font sou­vent la dif­fé­rence entre une armoire et un chat.

Reste que de nom­breux pro­grès sont encore à réa­li­ser dans le domaine du trai­te­ment des ani­maux. J’ai d’ailleurs noté que mal­gré les efforts de cer­tains dépu­tés, l’inter­dic­tion des cor­ri­das et com­bats de coqs, qui aurait cons­ti­tué un pro­grès con­cret, n’a même pas pu être dis­cu­tée.

Les dépu­tés ont-il eu d’autres moti­va­tions pour cette modi­fi­ca­tion du Code Civil, que le pro­grès “sym­bo­li­que” que je viens d’évo­quer ?

Je le pense. Quoi d’éton­nant en effet à ce que Mme Lau­rence Abeille ait par­ti­cipé à la dis­cus­sion ? Et je suis per­suadé que des dépu­tés comme Geor­ges Fenech, Phi­lippe Gou­jon, Alain Leboeuf, Franck Mar­lin, Jean-Marie Tétart, Fabrice Ver­dier ou Jean-Fré­dé­ric Pois­son ont joué un rôle déci­sif dans cette affaire !

Quoi qu’il en soit, la déci­sion du légis­la­teur aura eu au moins un mérite en ce qui me con­cerne. Elle a en effet rap­pelé à quel­ques-un de mes cama­ra­des les plus “révo­lu­tion­nai­res” une réa­lité com­mu­né­ment admise mais dont j’ai pu cons­ta­ter qu’elle était sin­gu­liè­re­ment oubliée pen­dant la der­nière cam­pa­gne des muni­ci­pa­les : les renards sont des êtres vivants doués de sen­si­bi­lité.