Je n’avais pas parlé de cette affaire sur ce blog par res­pect de la pré­somp­tion d’inno­cence et pour ne pas me faire taxer d’anti­so­cia­lisme pri­maire, mais ma con­vic­tion était faite depuis long­temps. Les élé­ments publiés par Media­part, auquel je suis abonné, m’avaient con­vaincu de la cul­pa­bi­lité du Minis­tre socia­liste.

C’est avec per­ti­nence qu’Edwy Ple­nel dénon­çait ce soir la cécité volon­taire d’une grande par­tie de la classe poli­ti­que et d’une par­tie des médias. On deman­dait sans cesse à Media­part des preu­ves alors que ce jour­nal avait fourni des élé­ments cré­di­bles et sérieux.

Au delà du com­por­te­ment par­ti­cu­liè­re­ment médio­cre d’un homme que je n’ai jamais appré­cié, cette affaire est poli­ti­que­ment grave.

Un Minis­tre de la Répu­bli­que a menti de manière cons­tante non seu­le­ment au Pre­mier Minis­tre et au Pré­si­dent de la Répu­bli­que mais aussi à la repré­sen­ta­tion natio­nale. Pierre Mos­co­vici a de plus tenté d’uti­li­ser les moyens de l’Etat pour sau­ver le sol­dat Cahu­zac.

Comme Répu­bli­que irré­pro­cha­ble, on a vu mieux !

La pre­mière con­sé­quence de cette affaire sera sans doute d’ali­men­ter le rejet de la poli­ti­que et du per­son­nel poli­ti­que dans son ensem­ble. C’est une aide for­mi­da­ble à Marine Le Pen et au Front Natio­nal qui ont fait de la cri­ti­que des poli­ti­ques leur fonds de com­merce habi­tuel.

On aurait donc tort de se réjouir de voir les socia­lis­tes mis en cause car c’est l’ensem­ble de notre sys­tème poli­ti­que et donc en fin de compte la démo­cra­tie qui ris­que de per­dre en cré­di­bi­lité.

Il existe évi­dem­ment une autre manière de faire de la poli­ti­que, celle de la plu­part des mili­tants que j’ai côtoyés mais je m’abs­tien­drai de décer­ner des bre­vets de mora­lité à telle ou telle orga­ni­sa­tion. J’ai vécu et vu trop de cho­ses…

Reste une ques­tion cru­ciale, dont la réponse peut modi­fier sen­si­ble­ment les con­sé­quen­ces de cette affaire. Le Pré­si­dent de la Répu­bli­que, le Pre­mier Minis­tre, le Minis­tre de l’inté­rieur, pou­vaient-ils croire de bonne foi le Minis­tre du bud­get alors que de nom­breux lec­teurs de Media­part, comme moi, s’était forgé une con­vic­tion depuis long­temps sans dis­po­ser de leurs moyens d’infor­ma­tion et d’inves­ti­ga­tion ?

Per­son­nel­le­ment, j’en doute.