Quel­ques mots d’abord pour reve­nir sur le mee­ting de la Porte de Ver­sailles d’hier soir.

Les médias n’en ont que peu rendu compte. C’était pour­tant un franc suc­cès. La foule, l’émo­tion, la con­vic­tion.

La foule. Il est vain d’essayer de dénom­brer les par­ti­ci­pants mais nous étions des dizai­nes de mil­liers. J’ai d’ailleurs eu un peu de mal à par­ve­nir au Parc des expo­si­tions, coincé dans un tram­way bondé.

L’émo­tion. Cha­cun avait cons­cience d’arri­ver au terme d’une étape, d’avoir bien tra­vaillé et était con­tent de se retrou­ver dans la fra­ter­nité pour écou­ter celui qui a su nous ras­sem­bler et nous entraî­ner.

La con­vic­tion. L’espoir que le Front de Gau­che a fait naî­tre dans cette cam­pa­gne ne s’étein­dra pas après l’élec­tion.


Je com­prends que cer­tains élec­teurs de Gau­che hési­tent à voter pour Jean-Luc Mélen­chon.

Cer­tains veu­lent être sûr que la gau­che sera pré­sente au second tour mais tou­tes les étu­des mon­trent que ce sera le cas. Il n’y a pas de ris­que de faci­li­ter la réé­lec­tion de Sar­kozy. Au con­traire, met­tre le Front de Gau­che devant le Front Natio­nal, c’est envoyer un signe posi­tif qui faci­li­tera la vic­toire de la Gau­che au second tour.

D’autres hési­tent sur le fond. Je ne doute pas de la sin­cé­rité de mes cama­ra­des socia­lis­tes que je con­nais bien et de leurs sym­pa­thi­sants mais on ne peut igno­rer les leçons de l’his­toire.

La ten­dance lourde des socia­lis­tes, c’est dans les situa­tions cru­cia­les de recu­ler et de se sou­met­tre à l’ordre capi­ta­liste comme le firent Fran­çois Mit­ter­rand et Fran­çois Hol­lande dans les années 80. Rien ne serait pire que d’avoir donné de l’espoir aux fran­çais et de leur impo­ser une aus­té­rité “de gau­che”.

Ce n’est pas à la légère que Jean-Luc Mélen­chon -et tant d’autres, dont moi, un peu plus tôt…- a quitté un parti dont il était un res­pon­sa­ble et un élu. C’est fort d’une expé­rience et d’une ana­lyse. Les bons sen­ti­ments ne suf­fi­sent pas, il faut que la ligne poli­ti­que soit juste et que les actes sui­vent.

Quand on se refuse à aug­men­ter le SMIC de manière signi­fi­ca­tive, quand on ne remet pas en cause les trai­tés inter­na­tio­naux et les prin­ci­pes éco­no­mi­ques qui rédui­sent l’indé­pen­dance de notre pays et nous con­dam­nent à l’aus­té­rité, quand on refuse de modi­fier radi­ca­le­ment le par­tage des riches­ses et quand on accepte les ins­ti­tu­tions de la cin­quième répu­bli­que, on peut être plein de bonne volonté, mais on est mal parti pour répon­dre aux atten­tes des fran­çais qui souf­frent et qui espè­rent.

Ce qui est au coeur de notre démar­che, c’est une remise en cause de l’ordre éco­no­mi­que éta­bli qui prend en compte les exi­gen­ces du res­pect de la pla­nète. Ne pas faire du pro­fit le moteur de l’action humaine mais tra­vailler pour vivre mieux en res­pec­tant notre envi­ron­ne­ment.

Il se trouve que je con­nais Jean-Luc Mélen­chon depuis plus de trente ans. J’ai pour lui estime et ami­tié.

C’est par rai­son et par affec­tion que je vote­rai pour lui diman­che.



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