Geor­ges Char­pak est né dans une famille juive polo­naise le 8 mars 1924 à Dąbro­wica en Polo­gne.

Après un séjour à Haïfa, ses parents revien­nent en Polo­gne puis ten­tent leur chance en France où ils s’ins­tal­le­ront défi­ni­ti­ve­ment. C’est donc à Paris où il arrive alors qu’il a sept ans, que le petit Geor­ges fera ses étu­des.

Grâce à un exa­men il entre au lycée Saint-Louis où il réus­sit de brillan­tes étu­des. Il passe en même temps les bac philo et scien­ti­fi­que.

Devenu com­mu­niste, anxieux de la mon­tée de l’anti­sé­mi­tisme, il quitte Paris pour échap­per aux rafles et entre dans la résis­tance à Mont­pel­lier. Il y pré­pare l’école des mines et Poly­tech­ni­que. Il est arrêté en 1943 avant d’être con­damné à deux ans de pri­son. Il sera ensuite interné à Dachau où il pas­sera un an.

Sorti de l’enfer, Geor­ges Char­pak, devenu fran­çais en 1946, va s’enga­ger dans une car­rière scien­ti­fi­que. Sans doute sa ren­con­tre avec Fré­dé­ric Joliot-Curie a-t-elle joué un rôle impor­tant à cet égard.

En 1948 il entre au CNRS, comme cher­cheur au labo­ra­toire de phy­si­que nucléaire du Col­lège de France dirigé par Fré­dé­ric Joliot-Curie. Il obtient son doc­to­rat ès scien­ces en 1955.

En 1956, il s’éloi­gne du Parti Com­mu­niste, ébranlé par les évé­ne­ments de Hon­grie.

Il devient maî­tre de recher­che au CNRS en 59 et intè­gre le CERN à Genève à la demande du prix Nobel Léon Leder­man. C’est au CERN qu’il met au point la cham­bre pro­por­tion­nelle mul­ti­fils qui a rem­placé par­tout les cham­bres à bul­les.

Pour étu­dier la struc­ture de la matière, on uti­lise des accé­lé­ra­teurs de par­ti­cu­les. Grâce à des élec­tro-aimants on crée des fais­ceaux de par­ti­cu­les qui tour­nent à très haute vitesse. On pro­duit des col­li­sions et on étu­die les par­ti­cu­les nées de ces col­li­sions. Le grand mérite de Geor­ges Char­pak a été de créer un détec­teur très puis­sant, la cham­bre pro­por­tion­nelle mul­ti­fils, qui per­met d’étu­dier ces col­li­sions.

«C’était un peu du bri­co­lage» rap­porte son ancien col­lè­gue Fran­çois Van­nucci, «Les gens le lais­saient tra­vailler dans son coin, beau­coup pen­sait que ça ne mar­che­rait pas à cause des inter­fé­ren­ces entre les fils. Char­pak a prouvé le con­traire et, une fois au point, l’uti­li­sa­tion de la cham­bre mul­ti­fils s’est répan­due très vite dans les expé­rien­ces au Cern».

Geor­ges Char­pak aura éga­le­ment une riche acti­vité d’ensei­gne­ment. Pro­fes­seur asso­cié du labo­ra­toire d’élec­tri­cité géné­rale de l’Ecole supé­rieure de phy­si­que et de chi­mie indus­triel­les de Paris à par­tir de 1980, il tra­vaille aux appli­ca­tions de ses décou­ver­tes à l’ima­ge­rie médi­cale et par­ti­cipe à la créa­tion de plu­sieurs entre­pri­ses.

Il obtient le prix Nobel de phy­si­que en 1992 « pour son inven­tion et le déve­lop­pe­ment de détec­teurs de par­ti­cu­les, en par­ti­cu­lier la cham­bre pro­por­tion­nelle mul­ti­fils ».

A par­tir de 1996, il s’efforce de con­tri­buer à la réno­va­tion de l’ensei­gne­ment des scien­ces à l’école pri­maire avec “La main à la pâte”.

Je vou­drais pour ter­mi­ner vous pro­po­ser une cita­tion de Geor­ges Char­pak, elle date de 2004 (Le Monde des Reli­gions) mais je la trouve très actuelle :

“… il est impor­tant qu’il sache (l’enfant) com­pren­dre la nature des cho­ses, devienne capa­ble de faire un rai­son­ne­ment, d’appren­dre à véri­fier et dis­cu­ter une hypo­thèse, autre­ment dit de résis­ter à toute forme d’édu­ca­tion qui serait un endoc­tri­ne­ment. Car je suis tout de même très heurté de savoir qu’on dresse des enfants à par­tir de cinq ans à réci­ter par cœur des sou­ra­tes du Coran. Cette capa­cité de rai­son­ne­ment que je pro­pose, vaut… de l’enfant à l’énar­que.”