Je com­prends l’aga­ce­ment de beau­coup scien­ti­fi­ques face aux atta­ques dont il font l’objet de la part de Claude Allè­gre et de ceux qu’on nomme main­te­nant les ” cli­mato-scep­ti­ques “. Mais la récente péti­tion adres­sée par plu­sieurs cen­tai­nes d’entre eux au Minis­tre de l’ensei­gne­ment supé­rieur et de la recher­che pose un réel pro­blème qu’Axel Kahn com­mente à mon sens avec beau­coup de jus­tesse.

Les péti­tion­nai­res deman­dent en effet au pou­voir poli­ti­que de tran­cher une con­tro­verse scien­ti­fi­que, ce n’est pas accep­ta­ble et l’on sait à quel­les aber­ra­tions une telle méthode a pu mener dans le passé. Deman­der à ce qu’un livre soit sou­mis aux mêmes règles qu’un arti­cle scien­ti­fi­que est tota­le­ment absurde, cela revien­drait à exer­cer une cen­sure qui empê­che­rait la plu­part des ouvra­ges de paraî­tre.

Il con­vient donc de rap­pe­ler à la rai­son les péti­tion­nai­res qui sont pour la plu­part des cher­cheurs sérieux et res­pec­ta­bles, ce à quoi s’emploie Axel Kahn.

Sur le fond je par­tage l’idée qu’avance Kahn. On a trop fait con­fiance à la science pen­dant les trente glo­rieu­ses en ne tenant pas compte des con­sé­quen­ces du déve­lop­pe­ment des acti­vi­tés humai­nes sur la pla­nète. Nous allons pro­ba­ble­ment un peu trop loin dans l’autre sens aujourd’hui. J’y revien­drai.

Il est en tous cas vital pour nos démo­cra­tie de lais­ser les débats se dérou­ler. La con­tro­verse fait d’ailleurs par­tie de la démar­che scien­ti­fi­que. Nous devons pren­dre soin de sépa­rer ce qui relève de la con­nais­sance scien­ti­fi­que à un ins­tant donné et ce qui relève de l’opi­nion per­son­nelle. Il faut appren­dre la rigueur scien­ti­fi­que aux jeu­nes et l’ensei­gne­ment des scien­ces “dures”, qu’elles soient hypo­thé­tico-déduc­ti­ves ou expé­ri­men­ta­les est à cet égard essen­tiel.

L’arti­cle sur le site de ”Marianne”