Cha­que ordi­na­teur con­necté à inter­net est iden­ti­fié par ce que l’on appelle son adresse IP, comme d’ailleurs les autres maté­riels qui sont con­nec­tés au réseau. Quand vous sai­sis­sez l’adresse d’un site web comme www.ruses.com, cette adresse est tra­duite en adresse IP. Con­crè­te­ment www.ruses.com cor­res­pond à l’adresse IP 212.53.69.111. (essayez de vous con­nec­ter à cette adresse, vous ver­rez que vous obtien­drez le même résul­tat qu’en vous con­nec­tant à ruses.com).

Deux ver­sions du pro­to­cole IP sont dis­po­ni­bles IPv4 et IPv6.

IPv4 uti­lise des adresse de 4 octets (un octet est com­posé de 8 chif­fres binai­res, une adresse en IPv4 est donc com­po­sée de 32 chif­fres binai­res), C’est le pro­to­cole qui a per­mis le for­mi­da­ble déve­lop­pe­ment d’inter­net que nous con­nais­sons aujourd’hui. On repré­sente ces adres­ses par 4 nom­bres sépa­rés par un point comme nous l’avons vu pour ruses.com. Cha­que nom­bre cor­res­pond à un octet. Comme un octet per­met de sto­cker un nom­bre au plus égal à 255, les 4 nom­bres ne dépas­sent pas 255.

Il y a donc 2 puis­sance 32 adres­ses en IPv4 dis­tinc­tes soit 4 294 967 296 adres­ses. C’est beau­coup mais cela va deve­nir rapi­de­ment insuf­fi­sant.

En effet le besoin d’adres­ses IP est très impor­tant aujourd’hui et ce n’est pas prêt de ces­ser !

Il y a bien sûr le déve­lop­pe­ment de l’infor­ma­ti­que pro­pre­ment dite, le nom­bre crois­sant d’ordi­na­teurs con­nec­tés à inter­net mais sur­tout d’autres besoins. Les télé­pho­nes por­ta­bles d’abord (et tous les chi­nois fini­ront par en avoir un !) et une mul­ti­tude d’appa­reils auquel on ne pense pas de prime abord : les réfri­gé­ra­teurs, les machi­nes à café, les sys­tè­mes de domo­ti­que, les auto­mo­bi­les, les camé­ras de sur­veillance, les appa­reils de sur­veillance médi­cale… Depuis plu­sieurs années, nous dis­po­sons d’IPv6 qui va pren­dre le relai d’IPv4 en met­tant à notre dis­po­si­tion un beau­coup plus grand nom­bre d’adres­ses.

IPv6 uti­lise des adres­ses de 16 octets soit 128 bits (chif­fres binai­res). Il y a donc 2 puis­sance 128 adres­ses dis­po­ni­bles soit :

340 282 366 920 938 463 463 374 607 431 768 211 456 adres­ses dis­tinc­tes. Il est tou­jours dif­fi­cile d’avoir une per­cep­tion intui­tive d’un nom­bre aussi grand.

Essayons tout de même en cal­cu­lant le nom­bre d’adres­ses dis­po­ni­bles par mm car­rés de la sur­face ter­res­tre.

Le blog ne me per­met pas d’écrire le cal­cul, je vous ai donc fabri­qué une petite image :

calcul.gif

Ca devrait nous suf­fire pour un cer­tain temps…

Il aurait été pos­si­ble de repré­sen­ter les adres­ses IPv6 sous forme d’une suite de 16 nom­bres infé­rieurs ou égal à 255. Afin d’obte­nir une repré­sen­ta­tion plus mania­ble, les octets sont grou­pés par deux et écrits en uti­li­sant le sys­tème hexa­dé­ci­mal.

1fff:0000:0a88:85a3:0000:0000:ac1f:8001 est par exem­ple une adresse IPv6. Les grou­pes de 2 octets sont sépa­rés par le signe “deux points” et l’adresse com­porte donc 39 carac­tè­res. C’est la nota­tion cano­ni­que.

Les four­nis­seurs d’accès à Inter­net et pro­gres­si­ve­ment tous les uti­li­sa­teurs pas­sent à IPv6 ce qui va résou­dre notre pro­blème de pénu­rie d’adre­ses.