Il est sans doute dif­fi­cile pour ceux qui ne s’inté­res­sent pas à ces ques­tions d’ima­gi­ner la com­plexité des sys­tè­mes mis en place pour les jeux olym­pi­ques de Van­cou­ver.

Les équi­pe­ments

Le dis­po­si­tif com­porte 600 ser­veurs, 125 ser­veurs Sun Sparc Enter­prise, 475 ser­veurs Sun en archi­tec­ture x64. des baies de sto­ckage Sto­ra­ge­Tek sont éga­le­ment uti­li­sées.

6 000 ordi­na­teurs (des tours et des por­ta­bles) et envi­ron 4 000 impri­man­tes ont été mis en place sur les 35 sites de com­pé­ti­tion.

Relier tous ces maté­riels n’est pas une chose sim­ple. Le réseau uti­lisé est “IP con­ver­gent”. Il assure la trans­mis­sion des com­mu­ni­ca­tions télé­pho­ni­ques, sans fil, radio et inter­net. Sa capa­cité est de 15 000 ses­sions simul­ta­nées. Con­crè­te­ment, le réseau est cons­ti­tué de plus de 285 km de fibre opti­que.

Les hom­mes et les fem­mes

L’exploi­ta­tion du cen­tre des opé­ra­tions tech­ni­ques est placé sous la direc­tion de Ward Cha­pin d’Atos Ori­gin. Le ‘chief inte­gra­tor’ est Magnus Alvars­son.

Envi­ron 2000 tech­ni­ciens assu­rent le fonc­tion­ne­ment des sys­tè­mes. Ils appar­tien­nent à 32 natio­na­li­tés dif­fé­ren­tes.

Pour quoi faire ?

Il existe en fait deux grands sys­tè­mes dif­fé­rents.

Le pre­mier assure la ges­tion des jeux, Il s’agit de gérer les trans­ports, les accré­di­ta­tions, le per­son­nel, les ins­crip­tions des ath­lè­tes, le chro­no­mé­trage, l’affi­chage et la vali­da­tion des résul­tats….

Le second sys­tème assure la dif­fu­sion de l’infor­ma­tion. Il s’agit de dif­fu­ser les résul­tats des épreu­ves sur les sites, sur le sys­tème d’infor­ma­tion aux com­men­ta­teurs (CIS) et sur l’intra­net des J.O. (INFO2010).


Qui fait quoi ?

C’est la société fran­çaise Atos Ori­gin qui gère en col­la­bo­ra­tion avec le comité d’orga­ni­sa­tion les opé­ra­tions infor­ma­ti­ques de l’ensem­ble des jeux.

Avaya a fourni les équi­pe­ments de télé­pho­nie sur IP, les rou­teurs, les com­mu­ta­teurs et l’ensem­ble du réseau.

L’opé­ra­teur télé­coms Bell Canada a con­tri­bué au réseau.

Sam­sung a fourni le télé­phone (Omnia 1) pré­senté comme le télé­phone offi­ciel des J.O. Il uti­lise Win­dows Mobile 6.5.

Cisco a fourni une plate-forme d’édi­tion en temps réel des con­te­nus en haute défi­ni­tion qui sont uti­li­sés pour la VOD et le strea­ming.

Le site NBCO­lym­pics.com uti­lise Sil­ver­light de Micro­soft pour la dif­fu­sion de vidéo en haute défi­ni­tion.


La sécu­rité

La sécu­rité a été une préoc­cu­pa­tion majeure. Il s’agit de la sécu­rité “infor­ma­ti­que” (se pré­mu­nir con­tre des pan­nes de machi­nes, la défaillance d’un logi­ciel, l’action d’un virus,…) mais aussi de la sécu­rité phy­si­que des ins­tal­la­tion (envi­sa­ger un acte ter­ro­riste, un incen­die,…).

Des mesu­res excep­tion­nel­les ont été pri­ses pour maî­tri­ser ce ris­que. Plus de 100 000 heu­res de test ont été effec­tuées avant l’ouver­ture des jeux. Envi­ron 300 scé­na­rios cri­ti­ques ont été étu­diés, l’objec­tif étant de pré­ser­ver l’inté­grité des don­nées en tou­tes cir­cons­tan­ces (on ne peut refaire une com­pé­ti­tion) et faire que les spor­tifs et les spec­ta­teurs ne se ren­dent pas compte d’une éven­tuelle panne.

L’ensem­ble du sys­tème est con­trôlé à par­tir d’une salle appelé Cen­tre des opé­ra­tions tech­ni­ques. Une salle de rechange a été pré­vue. Tous les sys­tè­mes sont redon­dants avec un niveau de redon­dance qui atteint 4 pour les équi­pe­ments les plus cri­ti­ques.


En con­clu­sion

On n’a pas beau­coup parlé de la réus­site fran­çaise que cons­ti­tue la maî­trise d’oeu­vre du sys­tème infor­ma­ti­que des J.O. et l’on a eu tort.

En fait Atos-Ori­gin détient le plus gros con­trat infor­ma­ti­que jamais signé dans le monde du sport. Con­clu entre la société et le Comité Inter­na­tio­nal Olym­pi­que (CIO), il con­cerne Salt Lake City 2002, Athè­nes 2004, Turin 2006, Bei­jing 2008, Van­cou­ver 2010 et Lon­dres 2012. Il a été renou­velé en 2009 pour Sochi 2014 et Rio de Janeiro 2016. Beau­coup de tra­vail en pers­pec­tive qui con­tri­bue au déve­lop­pe­ment d’Atos Ori­gin tout en don­nant une belle image du savoir-faire fran­çais.


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(Photo : Allu­mage de la flamme olym­pi­que grâce au soleil au Tem­ple d’Hera à la répé­ti­tion de la céré­mo­nie d’allu­mage, le 20 octo­bre 2009. © VANOC/COVAN)