Inti­tulé “Trois mois après la défaite, l’oppo­si­tion tou­jours groggy”, cet arti­cle dresse un por­trait sou­vent per­ti­nent mais assez som­bre de l’oppo­si­tion dans notre ville. Quel­ques obser­va­tions :

1. Il est bien natu­rel que tous ceux qui ont mené la lutte con­tre Serge Das­sault et son équipe à l’occa­sion des deux der­niè­res cam­pa­gnes élec­to­ra­les muni­ci­pa­les aient besoin d’un peu de temps pour se remet­tre des deux échecs qu’ils ont subits mais qu’ils esti­ment injus­tes. Je fais par­tie de ceux qui con­si­dè­rent qu’ils ne s’expli­quent que par le non res­pect des règles de la démo­cra­tie. C’est d’ailleurs ce que le Con­seil d’Etat a déjà jugé pour les élec­tions de 2008.

2. L’arti­cle cons­tate l’absence de “poids lourds his­to­ri­ques”. Je n’aurais pas uti­lisé cette expres­sion, les “poids lourds” en cause m’ayant sem­blé bien légers en diver­ses cir­cons­tan­ces mais il est vrai que le pay­sage poli­ti­que a changé avec le retrait de Jac­ques Picard et l’iné­li­gi­bi­lité de Serge Das­sault et Bruno Piriou. J’ai déjà dit ce que j’en pen­sais. Reste que la pré­sence de “lea­ders” à l’égo déve­loppé n’a pas eu que des avan­ta­ges depuis quel­ques années.

Il est cer­tain que de nou­vel­les têtes d’affi­che appa­raî­tront mais je sou­haite, comme beau­coup de mili­tants de base que les débats poli­ti­ques soient des débats d’idées et non des affron­te­ment de per­son­nes. Michel Nouaille a d’ailleurs donné l’exem­ple, lors de la der­nière cam­pa­gne, de ce que peut être un can­di­dat modeste qui se met au ser­vice de tous. Il est regret­ta­ble que ses plus pro­ches amis n’aient pas tou­jours com­pris et par­tagé son atti­tude.

Sou­hai­tons que cette nou­velle situa­tion faci­lite la mise en oeu­vre de cette “nou­velle façon de faire de la poli­ti­que” sou­vent annon­cée, tou­jours sou­hai­tée mais juste aper­çue par inter­mit­tence. Bref, le pro­blème n’est pas aujourd’hui de se cher­cher des “lea­ders” ou de futurs élus mais de savoir ce que l’on veut et de lut­ter pour, ensem­ble.

3.Le Pari­sien pointe avec jus­tesse la désu­nion de la gau­che. Je vou­drais, à cet égard, sou­li­gner deux points.

D’une part, la désu­nion de la gau­che n’est pas uni­que­ment un pro­blème d’appa­reils ou un choc d’ambi­tions. Il y a une véri­ta­ble oppo­si­tion entre ceux qui ne s’accom­mo­dent pas du sys­tème éco­no­mi­que actuel (c’est la posi­tion du Parti de Gau­che auquel j’appar­tiens) et ceux qui ont le pro­jet, tou­jours reporté ou tou­jours avorté, de le ren­dre plus humain. Non seu­le­ment l’affron­te­ment entre ces maniè­res de voir est licite mais il est sou­hai­ta­ble.

D’autre part, les débats qui ont lieu à gau­che n’empê­chent pas des actions com­mu­nes et des suc­cès com­muns. C’est évi­dent pour les orga­ni­sa­tions qui ont choisi des stra­té­gies com­mu­nes (je pense bien sûr au Front de gau­che) mais c’est vrai aussi pour tou­tes les orga­ni­sa­tions de gau­che dès lors qu’on se fixe des objec­tifs pré­cis et locaux.

C’est dans cette opti­que que j’avais pro­posé il y a déjà long­temps que se mette en place à Cor­beil-Esson­nes un Comité de coor­di­na­tion (le nom importe peu) dans lequel seraient repré­sen­tés tou­tes les orga­ni­sa­tions de la gau­che locale y com­pris des asso­cia­tions comme La Vil­len­sem­ble. Cer­tai­nes actions pour­raient sans doute être déci­dées à l’una­ni­mité, d’autres pour­raient n’impli­quer que cer­tai­nes orga­ni­sa­tions. C’est là une pro­po­si­tion prag­ma­ti­que, je regrette qu’elle n’ait pas été reprise.