Dans la phase de réflexion et d’éla­bo­ra­tion dans laquelle nous som­mes à Cor­beil-Esson­nes, pour créer une Uni­ver­sité Popu­laire, il est inté­res­sant de s’infor­mer et de savoir ce qui se fait ailleurs et com­ment.

La dis­tinc­tion faite à Ris entre 3 cou­rants fon­da­men­taux de l’édu­ca­tion popu­laire (catho­li­que et social, répu­bli­cain et laï­que, ouvrier et révo­lu­tion­naire) est inté­res­sante et péda­go­gi­que car elle rend compte de la réa­lité. Com­ment uti­li­ser ce rap­pel his­to­ri­que ?

Je pense qu’il serait très fâcheux de vou­loir s’ins­crire dans l’un des trois cou­rants pour réus­sir aujourd’hui. Ce serait en effet se pri­ver aus­si­tôt de ceux qui ne se retrou­ve­raient pas dans le cou­rant choisi tant en ce qui con­cerne l’ani­ma­tion que le public.

Je crois d’ailleurs qu’on aurait tort de s’en tenir à une trop stricte dicho­to­mie. Beau­coup de chré­tiens et de catho­li­ques remet­tent en cause nos struc­tu­res socia­les et sont laï­ques. Ceux qui se récla­ment du cou­rant répu­bli­cain et laï­que ne sont sou­vent pas d’accord non plus avec la société telle qu’elle est et il y a évi­dem­ment des croyants parmi eux. Quant aux “révo­lu­tion­nai­res” on peut espé­rer que beau­coup soient répu­bli­cains et laï­ques. Bref, ne nous lais­sons pas enfer­mer par la clas­si­fi­ca­tion ni par les débats qu’elle pour­rait sus­ci­ter et essayons de tra­vailler ensem­ble.

Je pense que nous devons débat­tre de nos orien­ta­tions mais que nous ne devons pas nous per­dre dans de trop longs débats théo­ri­ques. Je suis par­ti­san d’une dose rai­son­na­ble de prag­ma­tisme. D’une part parce que les débats seront d’autant plus uti­les et fruc­tueux, qu’ils s’appuie­ront sur une pra­ti­que, sur des actions réus­sies ou ratées, sur un dia­lo­gue per­ma­nent avec la popu­la­tion et les apports nou­veaux de ceux qui rejoin­dront notre tra­vail. Ensuite, je ne suis pas par­ti­san d’une Uni­ver­sité Popu­laire idéo­lo­gi­que­ment mono­li­thi­que.

Il en sera sans doute de même pour les ani­ma­teurs, les mem­bres actifs de l’asso­cia­tion et les uti­li­sa­teurs. Leurs idées et leurs moti­va­tions seront dif­fé­ren­tes et ce sera très bien ainsi. Cer­tains cher­che­ront des con­nais­san­ces ou des infor­ma­tions pra­ti­ques qu’ils ne trou­vent pas ailleurs et tant mieux si nous pou­vons les leur four­nir, d’autres ver­ront dans notre asso­cia­tion, un outil pour s’inté­res­ser à la vie de la cité et y par­ti­ci­per, d’autres encore y ver­ront un lieu où défen­dre et tes­ter leur pro­jet de trans­for­ma­tion sociale. C’est notre res­pon­sa­bi­lité d’offrir à tous un lieu accueillant, con­vi­vial et apaisé.

J’ajoute que l’Ecole de la Répu­bli­que créée à Ris me paraît un exem­ple inté­res­sant qui pour­rait nous ins­pi­rer même si son nom n’est peut-être pas le mieux choisi.

Quant aux grou­pes de tra­vail créés, je suis plus réservé, je par­tage la volonté expri­mée de tra­vailler avec toute la popu­la­tion et en par­ti­cu­lier avec ceux qui sont les plus éloi­gnés de la cul­ture mais je suis plus réservé sur les moyens choi­sis. Il faut aussi pré­ci­ser que nous ne dis­po­se­rons pas, en tous cas à court terme, des moyens qu’a pu met­tre en oeu­vre la MJC de Ris-Oran­gis.

Notre asso­cia­tion devrait être offi­ciel­le­ment décla­rée cette semaine. Nous pour­sui­vrons nos débats en jan­vier.